07.14
Descriptif :
Cyclosportive : L’Antonin Magne 2013
Région : Auvergne
Dépt : Cantal
Ville de départ : Aurillac (15000)
Difficulté : Haute
Distance : 159km / Dénivelé : 2800m
Durée : 5 heures 40 minutes et 28 secondes
Sport : Cyclisme Route
Une semaine seulement après l’Etape du Tour, me voilà de nouveau inscrit sur une cyclosportive ! A l’opposé géographique cette fois puisqu’elle se déroule au cœur du Cantal, région que je ne connais absolument pas. La récupération a été assez bonne, avec une semaine complète de repos et une remise en route le samedi matin. Je suis prêt à affronter les 159km de cette 18ième Antonin Magne.
Après un long trajet sur des routes sympa mais sinueuses, nous arrivons mon frère et moi à Aurillac sur les coups de 18h. Nous nous rendons aussitôt au camping de l’Ombrade pour déposer la voiture puis nous décidons de profiter de la fraîcheur de la soirée pour faire un tour en ville. Aurillac est finalement une petite ville bien sympathique avec de nombreuses boutiques et son architecture rustique. Idée reçue, je croyais la ville beaucoup plus enclavé qu’elle ne l’est en réalité. Nous poursuivons la visite avant de nous arrêter pour retirer les dossards. Petit cadeau souvenir, des boites de pâtés… reste à trouver l’ouvre-boîte! Retour au camping, nous montons la tente avant de pic niquer.

Camping de l’Ombrade

La ville d’Aurillac sous son meilleur jour
La nuit est rude, je ne parviens pas à trouver le sommeil malgré la fatigue. Est-ce le stress? 5h30, réveil difficile. Nous plions la tente avant de déjeuner copieusement. Nous sommes en avance. 7h45, direction la ligne de départ qui à lieu à 5-600mètres du camping. Il n’y a pas foule…enfin comparé à l’étape du Tour! Le départ est encore une fois organisé en vague successives, un peu surfait vu le faible nombre de participants. Nous sommes 95 sur le grand parcours.
Dernière secondes avant le départ…Go. Le peloton part relativement prudemment. Nous avons plusieurs kilomètres pour nous échauffer avant l’entame du Pas de Peyrol et nous comptons bien en profiter. La route est large mais il faut rester vigilant du fait des voitures venant à contresens et des rétrécissements de la chaussée qui provoquent plusieurs ralentissements. Ça gueule, ça vit dans le peloton.
Le Pas de Peyrol et ses 1 589 mètres. Je connais seulement ce col comme étant le plus haut col routier du Massif Central. C’est donc le gros morceau du parcours. Le rythme s’emballe dès le pied, le peloton explose déjà mais je suis trop loin pour réussir à me replacer dans les roues. 21km et déjà isolé. Mais où sont elles, les jambes de l’EDT??? La pente s’accentue ensuite après le village de Rudez et cela jusqu’au col de Redondet (1 531 m) à 1,5 km environ du pas de Peyrol. Le pourcentage, régulier, est alors de 6,5 % environ. La fin est plus simple ce qui me permet d’admirer les paysages.

Le Puy Mary et crêtes du Cantal
Au sommet, nous virons à droite direction Riom-ès-Montagnès. Jolie descente, mais les routes du Cantal sont tout de même piègeuses. Petit bout de plat dans lequel je me fais reprendre par un groupe. Je prend la tête dans le col de Besseyres puis nous enchaînons sur le col d’Aulac dans lequel le train est assuré par un Garmin. Nouvelle descente avant d’enchaîner sur le col de Néronne. Les paysages sont toujours aussi beau, et les routes, toujours aussi tranquilles. Le Massif central quoi!
Nous traversons maintenant Saint Paul de Salers, village niché au cœur de la vallée de la Maronne et qui jouxte la ville de Salers, réputé comme étant l’un des plus beau village de France. Nous sommes en mi-juillet mais que c’est vert! Il reste 46km et 2 cols. Le col de Saint Georges qu’une une courte descente relie au col et à la station de Légal. Beaucoup de promeneurs sont là et nous encourage. Mais il est vrai que la station se présente comme le point de départ de nombreuses randonnées sur le plus grand volcan d’Europe ce qui explique bien des choses…et donne envie d’y revenir!


Le retour par la route des crêtes est plus dur qu’il n’en a l’air et je commence à coincer. Heureusement, la ligne d’arrivée entre maintenant dans ma ligne de mire et c’est en position chrono que j’en termine avec le grand parcours. Le speaker annonce mon temps : 5h40min et 28 sec ce qui me place à la 41° place sur 107, avec une moyenne de 27.67km/h. Ce qui est pour moi une bonne moyenne puisque je réalise 1h de moins que sur la Scott 1000 bosses qui présentait pourtant un parcours équivalent (160km et 2700m de D+). Avec des conditions climatiques opposées toutefois : 4°C contre plus de 30 aujourd’hui. Ah que j’aime la chaleur…..











Petit dèj à l’hôtel. J’engloutis sans limite le pain et la confiture qui seront le carburant de la journée. Les départs décalés et mon dossard 10135 me laisse le temps de me préparer tranquillement. Le sas n°10 qui m’a été attribué ne partira qu’à 8h15 soit près d’1h15 après la première vague. Un peu déçu d’être aussi loin mais ce choix favorise la sécurité. Et même si ça part vite, les larges portions de route menant à St Jorioz laissent de la place pour doubler sans prendre de risques. Le parcours est court aujourd’hui, les jambes sont là et je choisis contrairement à mon habitude des départs prudents d’y aller à bloc, 38km/h de moyenne au compteur…quitte à exploser. La stratégie s’avéra en réalité payante puisque je parviens déjà à me replacer dès l’entame de la montée de la côte du Puget (col de 2e catégorie).
Courte descente avant d’attaquer le col de Leschaux (col de 3° catégorie) qui s’avère finalement être une simple bosse.
permets d' »ouvrir » les trajectoires sans risque de se retrouver nez à nez avec une voiture. Je perds quand même des places mais je ne souhaite pas finir comme les quelques cyclistes qui sont tombés. Il s’agit de l’étape du Tour, certes, mais nous n’avons pas la formation des professionnels et le maître mot devrait rester celui du plaisir. Je m’arrête au ravito présent au pied du Mont-Revard pour faire le plein des bidons. Gros coup de cul avant un léger faux plat et une pente bien régulière sur 15 kms pour atteindre le sommet du Revard. Je m’accroche un moment dans la roue d’un concurrent anglais jusqu’à percevoir un « allez le 10135, en rouge, ça monte tout seul!!!! » qui me regonfle à bloc et me conduit à le dépasser. Désormais, c’est moi qui impose le train jusqu’au ravitaillement solide du Féclaz ou mon compagnon s’arrête. La fin de la montée est une formalité, et j’en profite pour attraper la bouteille et les barres placées dans le maillot afin de me ravitailler avant la descente. L’enrobée est propre, j’atteins les 68km/h dépassant ainsi les 64km/h atteint l’an dernier lors du Challenge Vercors. Nouveau ravitaillement en eau au pied de la descente avant de relancer sur le faux plat menant à Gruffy.
Le rythme est retombé, chaque participant tentant maintenant de récupérer avant l’entame de la dernière rampe. nous remontons vers Quintal qui marque le début des souffrances. Les pourcentages deviennent sévères, mais le public est là pour nous soutenir. J’entends une nouvelle fois mon nom, « allez en rouge, c’est la dernière difficulté!!! » Je comprends à ce moment là que je viens de réaliser un gros parcours puisque je retrouve autour de moi des dossards à 3 chiffres. Ne pas craquer, c’est ce que je me répète durant toute l’ascension…les premières crampes se font sentir. Il fait super chaud, 11 kms d’ascension à 8,5 % de moyenne sont devant nous… Certains passage frôlent les 10 % de moyenne, 13 % au plus fort. Il fait chaud… Je lutte pour ne pas mettre pied à terre comme bon nombre de participants. Je m’arrête au ravitaillement en eau situé à mi-chemin, vidant 2 bidons d’une traite. Je suis déshydraté. Je repars, une fois encore les spectateurs sont là pour nous encourager…ça monte, doucement, tour après tour, je me concentre sur le bitume afin de faire le vide. La montée, c’est dans la tête,… mais un robot n’a pas de tête,….quelle excuse pour s’arrêter? Je double, je continue,…encore. Déjà la flamme rouge, enfin la flamme rouge, il reste seulement un kilomètre, encore un kilomètre. Certains se réchauffent au soleil pour faire bonne figure sur la photo finish mais je suis bien loin de ces considérations esthétiques, je tire la langue, je souffle. En finir, et le plus vite possible…500m, 200….un virage sur la droite, je lance mes dernières forces…

























