2026
04.05

Flèche Vélocio 2026


Résumé

L’école Stéphanoise 2.1, Guillaume, Laurent, Fabrice et moi-même.

La Flèche Vélocio est un classique dans le milieu cyclotouriste et pourtant nous n’y avions encore jamais participé. Chaque année à Pâques, des équipes de 3 à 5 cyclistes se lancent dans une aventure de 24 heures pour converger vers le lieu de la concentration « Pâques en Provence ». C’est Sault qui accueille l’édition 2026.

Et nous y prendrons part avec Guillaume, initiateur du projet et capitaine le temps d’un weekend de « l’Equipe Stéphanoise 2.1 », Laurent avec qui depuis 2012 je multiplie les idées loufoques et Fabrice, un ami de Guillaume, passionné de vélo et habitué de longues distances et dont j’ai pu faire la connaissance lors du brevet de Feurs il y a maintenant deux semaines. 

Le parcours reprend une idée que j’ai tracé et que Guillaume a modifié dans sa dernière partie pour – 1 que nous ayons la distance réglementaire avant d’entamer le Mont-Ventoux et – 2 que nous ne terminions pas par une boucle ce qui est formellement interdit dans le règlement des flèches… 465km, 6400m de dénivelé positif, une trace très optimiste qui comme on le verra plus tard ne manquera pas de nous remettre à notre place !

Les flèches Vélocio existent depuis 1947.

Le départ se fait à Sorbiers à 9h. Ce n’est pas trop tôt, et cela nous laissera un battement d’1h30 à la fin de la flèche pour rallier Sault où nous devrons nous présenter pour valider. Il fait gris, et la pluie au petit matin a laissé une belle humidité dans l’air. Un élément de plus qui rajoute à mon anxiété au moment de les retrouver… Car la crève que je couve depuis le brevet ne va pas en s’arrangeant, des glaires pleins les poumons et les sinus tellement pris que j’en ai fini par saigner du nez… Tans pis, je partirais avec vous, et nous verrons bien jusqu’où mes jambes pourront bien me porter…

Nous traversons d’abord le Pilat un peu comme nous avions pu le faire l’an dernier où déjà nous avions mené une itinérance à Pâques. Sauf qu’après Pélussin, nous tirerons cette fois vers la vallée du Rhône par l’incroyable village de Malleval. Là, un petit morceau de Via-Rhôna jusqu’à la pause déjeuner bien emmené par Fabrice qui sort les prolongateurs et l’artillerie lourde… Sablons, une boulangerie, une terrasse de café sous un grand soleil qui commence à chauffer. Agréablement installé, nous prenons notre temps, oubliant la flèche dans laquelle nous nous sommes engager…

Une heure s’est écoulée lorsque l’on reprend la route, par la Tour d’Albon, le prieuré Saint-Aigné ou encore celui de Saint-Andéol. Des routes absolument sublimes, les montagnes enneigées en arrière plan, mais certainement trop raides, trop graviers pour être dans l’esprit d’une flèche où il convient avant tout d’économiser au maximum ses cartouches ! Et ce n’est qu’en nous approchant de Romans-sur-Isère et Chabeuil que nous allons retrouver de grands axes sans plaisirs aucuns mais qui au moins vont nous permettre de faire tourner la plaque….

Saur les hauteurs après Saint Andéol, la Drôme sous son meilleur jour.

Crest. Il est 17h30 alors que nous tablions y être en milieu d’après-midi… Les rires nerveux nous saisissent, nous qui tentons aujourd’hui notre première flèche, commencions à penser que les choses sont vraiment mal barrées et qu’il sera vraiment très difficile d’être à Sault demain au petit matin…

Après avoir ravitaillé « pour la nuit », nous reprenons la route en direction de Bourdeaux par le très joli (mais toujours difficile) secteur de Saou. Puis la D538 longeant un joli cours-d’eau nous dépose à Bourdeaux, ville étape de cette flèche. Il est 19h passé et nous décidons de nous arrêter dans cette cours où des visages un peu bohèmes profitent d’une journée de printemps assez exceptionnelle. Au fond, un foodtruck où une mama nous propose de goûter son Poulet-Mafé, du riz, une bonne sauce au beurre de cacahuètes, et du choux rouge pour la touche craquante. Et si la bière est étonnante, nous ne boudons pas notre plaisir assis au milieu de cette ambiance bonne enfant… Ces moments-là font partie de la Flèche. On parle, on rit, on repousse un peu l’idée des heures qui viennent.

Car les heures qui viennent, on va le découvrir, nous réservent une drôle de surprise : le froid, puis le grand froid.

La nuit tombe tandis que nous grimpons le col de la Sausse qui est aussi la porte d’entrée du parc naturel des Baronnies provençales où nous passerons la nuit… Je m’arrête au sommet et installe l’éclairage à piles prévu en remplacement d’une roue dynamo malheureusement en panne. Et je comprend tout de suite que les choses vont être compliquées, avec ce phare qui mal réglé éclaire bien trop bas… Perdu, des sueurs au détour d’un virage trop marqué, perdant de vue mes camarades qui mieux équipés dévalent le défilé de Trente-Pas comme si la nuit ne pouvait les attraper…

Heureusement, la route va remonter en direction du col de Peyruergue que nous gravirons en tête avec Fabrice tandis que Laurent et Guillaume lisseront leur effort. Assis dans le talus au sommet, sous une belle nuit noire, sans Lune ni halo parasitant. Le calme absolu et les étoiles se détachant au dessus de nos têtes comme nous en avons perdu l’habitude. Un moment suspendu, qui à lui seul, justifie les efforts et les longues heures de selle que nous nous imposons.

Les copains sont là et nous repartons, dans une petite descente que j’effectue cette fois bien calé dans les faisceaux puissants de mes équipiers. Puis nous remontons, en direction du Col de Mévouillon qui marquera l’ultime bascule vers Sisteron. A Gresse, un abri-bus muni d’un lampadaire, je profite de l’avance prise pour remplacer les piles de ma frontale que j’espère alors devenir un peu plus pêchue et intercaler un mouchoir replié quinze fois entre le phare et le guidon. Quelques mètres de gagné, pas grand chose mais qui change malgré tout la donne avant le long toboggan à venir…

Car c’est maintenant pas moins de 50 kilomètres de profil plutôt descendant que nous empruntons le long des gorges de la Méouge. Des gorges non prévues dans le parcours initialement tracé mais que je me souviens avoir remonter avec Régis il y a trois ans à l’occasion du BRM des Pitchouns de Nyons. Un endroit magnifique, que la nuit dérobe certes, mais qui nous plonge tous les quatre dans une vraie aventure…

Guillaume fait la sieste à Sisteron. Les températures sont pourtant glaciales.

Transis de froid, nous nous installons sur les bancs d’un petit square pour nous alimenter à nouveau puis tenter une petite sieste. Il est 2h30, et ce n’est certainement pas du temps perdu au vu de ce qui nous attend encore. 75kilomètres jusqu’à Sault pour lesquels nous disposons encore de 6 heures pauses comprises… Voici que nos fortes inquiétudes à Crest laissent maintenant place à une certaine sérénité… Car là normalement rien d’impossible. Il va néanmoins falloir bien jouer, le règlement imposant que 25 kilomètres soit réalisé entre la 22ième et la 24ième heure… Nous consultons la carte, Ferrassières est au km 345, donc il faudrait y être vers 7h ce qui nous laissera 30km en deux heures pour valider… Pas facile de réfléchir à ce stade quand il fait moins de zéro et que vous avez déjà 300km dans les guibolles…

Nous reprenons notre route, focus sur ce plan mais découvrant bientôt combien ces 45 kilomètres seront éprouvants. Longeant le Jabron dont la fraîcheur nous enveloppe, ils ne sont qu’une longue rampe conduisant au col de Pigère (968m) et de Macuègne (1068m) pour terminer enfin au col de l’Homme Mort (1211m). Un signe du destin sans aucun doute ! Mais cette aussi dans cette partie, entre la souffrance et la fatigue que vont apparaître les moments les plus marquants de cette aventure. Cette terrasse où nous nous affalons sur les tables en laissant échapper les volutes de fumées blanches qui suggèrent à quel point nous sommes bien vivant ! Ces patous qui jappent à notre passage dans cette longue nuit devenue quelque peu irréelle. La camaraderie, cette impression de faire corps et d’avancer ensemble vers un même but malgré les difficultés…

Et puis la nuit perd doucement de son intensité, vaincu par l’aube qui se dévoile derrière nous… Avec elle, nous retrouvons peu à peu nos repères, découvrant ces paysages que nous nous contentions d’imaginer depuis des heures. Nous sommes sur le plateau d’Albion, ses vastes espaces situés entre le Mont Ventoux, la montagne de Lure et le Luberon. C’est beau. Et cela récompense notre ambition de ne pas faire une flèche facile. Car oui, nous aurions bien pu nous contenter de suivre la vallée du Rhône, de filer droit et au plus court. Mais notre flèche est celle de Yondu. Chercheuse et changeante au gré des sifflements inspirés de notre capitaine, traversant notre chaire pour mieux nouer le caractère mémorable de notre équipée…

Nous descendons à Saint Christol où nous pointons nos cartes de routes et pour la dernière fois dans la plus charmante boulangerie qui soit. Un peu de chaleur, un peu de réconfort, et l’emphase des gens d’ici qui font d’un pain au chocolat tout un monde en soi. L’arrivée est toute proche, avec en toile de fond la silhouette familière du Mont Ventoux.

Sault accueil la concentration pascale cette année.

Nous terminons après 375km pour 4950 m de dénivelé. Une belle aventure. De beaux souvenirs. Et le plaisir intact de rouler ensemble, de partager ce plaisir de la longue distance (mais si!) où l’on roule de jour comme de nuit, où les jambes finissent toujours par suivre, et où les meilleurs moments sont souvent ceux qu’on n’avait pas prévus.

Car c’est ça, la Flèche Vélocio. Pas une course, pas une performance à valider sur Strava. Une aventure humaine, une équipée à plusieurs, avec ses imprévus, ses coups de froid et ses élans de solidarité. Cet esprit-là, je ne l’ai trouvé nulle part ailleurs. Ces moments de partage qui naissent de la fatigue, du froid, de la nuit et de la complicité — ils n’appartiennent qu’à la Flèche. Et c’est précisément pour ça qu’on y revient, année après année, fidèles au rendez-vous de Pâques, quelque soit le verdict d’une gardienne du temple intransigeante qui veille sur le règlement avec une rigueur qui au final est tout à son honneur. Validée ou non, notre Flèche nous appartient.

Merci Guillaume, Laurent, Fabrice. Je vous promet d’être en meilleur forme l’an prochain !

Au café, à l’arrivé de la Flèche. Même si nous avons réussi, une certaine fatigue peut se lire sur les visages.


Rappel des règles principales d’une Flèche Vélocio :

  • L’objectif est de rouler durant 24 heures en direction de la Concentration Pascale.
  • Les équipiers doivent rester ensemble durant toute l’épreuve (ce n’est pas une course de relais).
  • Le parcours est libre mais doit faire au minimum 360 kilomètres.
  • Le parcours choisi doit avoir été validé par l’Audax Club Parisien.
  • Pour que la Flèche soit validée, il faudra avoir accompli au moins 80% du kilométrage prévu, sans toutefois descendre en dessous de 360 kilomètres.
  • 25 kilomètres, au minimum, devront être réalisés entre la 22ème et la 24ème heure.

Retour le lundi en vélo de Monieux à Orange par les Gorges de la Nesque, puis train jusqu’à Péage en Roussillon, puis vélo par le Pavezin et le Planil. 129km et une belle manière de terminer ce week-end pas comme les autres…. Place à la récup’ !


Fiche

 

Descriptif :

GPX : Flèche Vélocio 2026
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Ville de départ : Sorbiers (42290)
Difficulté : Haute
Distance : 460km / Réalisé 375km
Dénivelé
: 6400m / Réalisé 4950m
Durée : 24heures
Sport : Cyclisme Route

 


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