07.06
Résumé

Ravitaillement de Monpazier (CP n°4)
Eh bien non ! Il n’y aura pas de Ronde d’Aliénor d’Aquitaine pour moi cette année. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Mais les températures caniculaires de ce mois de juillet auront finalement eu raison de mon envie et de ma détermination.
46°C relevés au niveau du bitume, c’est trop. On peut boire, s’asperger, gérer autant qu’on veut, il y a un moment où le corps ne dissipe plus et où il devient très difficile de continuer sans se mettre en danger. Surtout quand on a déjà vécu une journée caniculaire la veille, dormi deux heures à peine sur un parking (Sarlat) et que Météo-France vous annonce encore deux journées écrasantes pour terminer… Sans même parler du risque d’incendie, particulièrement élevé dans les forêts landaises.
On se consolera en se disant que non, ce n’était vraiment pas l’année, et qu’il y en aura d’autres… C’est ainsi qu’avec Philippe et Mickaël nous analyserons la situation assis à l’ombre du grand château d’eau érigé au cœur du petit village de Laplume. Nous prendrons la décision d’arrêter, après 450km et déjà quelques hectolitres avalés au gré des fontaines, des cimetières et autres commerces de proximité.
D’autres continueront pourtant, et une soixantaine sur les 231 partants termineront (sur 280 inscrits), nous laissant avec cette petite amertume : oui, c’était faisable. Oui, les raisons que nous nous sommes trouvées à chaud relevaient peut-être aussi, un peu, d’une forme de facilité…
Avec le recul, je crois que tout s’est joué avant même le départ. J’étais venu avant tout pour découvrir une région que je ne connaissais pas, avec comme idée sous-jacente d’en profiter. Or, à mesure que la température montait, mon plaisir, lui, s’évaporait. Et il aurait mieux valu pour moi être dans une logique purement sportive. La même qui m’avait animé lors de mon premier Paris-Brest-Paris. Celle qui place la volonté de se dépasser et de repousser ses limites avant toute autre chose.
Voici ce qui animait Guillaume. Un Bordelais rencontré sur le parcours et avec lequel j’effectuerai près de 200 kilomètres entre Ronsenac (CP1) et Monpazier (CP4). Un type attachant, pas gâté par la vie et qui s’était promis d’aller au bout coûte que coûte, pour se prouver de quoi il était capable. Contrairement à moi, Guillaume terminera la Ronde. Je ne peux qu’être heureux pour lui et le féliciter. Au passage, je retiendrai aussi l’un de ses conseils : une cuillère à café de sel, une cuillère à soupe de sucre…
J’ai pu mettre un visage sur l’incroyable Géraldine avec laquelle j’avais échangé quelques mots au retour d’Une Pincée d’éléphant et que je suis désormais grâce aux réseaux sociaux, toujours étonné de voir jusqu’où elle peut aller, avec ses sandales et son sourire à toute épreuve. Géraldine encore une fois est allée au bout 🙂 .
J’ai aussi rencontré une équipe de bénévoles sur le pont et enthousiastes à l’idée de nous aider.
J’ai pu faire un bout de route, 450 kilomètres tout de même, traverser le pont d’Aquitaine, remonter les vignobles jusqu’à Saint-Émilion, m’enfoncer dans le vent brûlant au plus près de la frontière sud du parc naturel régional du Périgord-Limousin, savourer les villages authentiques et goûter au calme des routes de Dordogne. Voir le soleil se coucher, espérer la fraîcheur mais trouver à la place une nuit chaude et très claire. Apprécier le repas chaud servi à Monpazier par des bénévoles particulièrement en verve. M’allonger quelques minutes dans le dortoir du checkpoint pour constater à mon grand regret que mon sommeil est beaucoup trop léger pour ces endroits-là. Repartir, seul dans l’obscurité, et m’offrir un intermède très court dans le bivy. Rejoindre Agen enfin, parcourir sa campagne environnante qui ne m’a pas plu du tout…
« Si tu vois le verre à moitié vide, verse-le dans un verre plus petit et arrête de nous emmerder »
…

J’adresse ici un grand merci à toute l’équipe des Randonneurs Autonomes Aquitains. Certes, nous n’avons pas eu de chance avec cette canicule et nous aurions, pour beaucoup d’entre nous, aimé pousser plus loin notre aventure sur ce beau parcours que vous nous avez tracé. Mais la RAA, même écourtée, fut un beau moment et le prétexte parfait pour lancer des vacances bien méritées !
Fiche
Descriptif :
GPX : RAA1200 – Ronde d’Aliénor 2026
Pays : France
Région : Nouvelle Aquitaine
Dépt : Gironde
Ville de départ : Saint Médard-en-Jalles (33160)
Difficulté : Très Haute
Distance :1200km/ Dénivelé :10230m
Durée : 20 heures 37 : Abandon au km 460, 4200m de D+
Sport : Cyclisme Route
Homologation : Abandon



























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