2018
03.04

A Méons pour quelques tours de pistes ….

Alors que les Mondiaux battent leur plein, la piste de Méons avait ce matin prit des airs d’Apeldoorn…. Les pistards du tout Sainté étaient là, pour se défier à la poursuite, au kilomètre ou à l’Américaine…. Mais bon dieu que c’est bavard un pistard 🙂 !

2018
03.03

De retour dans la Haute, de Firminy à Montfaucon ….


Résumé

Haute-Loire – Tableau de Grimmer – Eglise de Montfaucon

120km, une sortie bien trop courte pour motiver l’écriture d’un article mais néanmoins suffisamment longue pour en ramener quelques photos pleine de couleurs…

 

120km, une sortie bien suffisante pour s’amuser avec le vent et découvrir en même temps de nouvelles histoires …. 😉 !

Dans la chapelle Notre Dame, on peut admirer une collection de 12 tableaux flamands du XVI siècle, signés Abel Grimer. Ces tableaux appartenaient au marquis Melchior Mitte de Chevrières, seigneur de Saint-Chamond dans la Loire qui lors d’une charge d’ambassade à Bruxelles, acheta ou reçu pour service rendu cette collection. Ramenée dans sa propriété de Saint-Chamond, elle a peut-être décoré le château où l’a-t-il confié à la nouvelle église Notre Dame dont la construction s’achevait ou peut être dans les réserves ? En tout état de cause, ils ont été trouvés dans les dépendances de l’église par le successeur du père Flachat : Paul François Régis Jamon, natif de Montfaucon. C’est un jacobin fervent qui défend la révolution mais  » l’instruction pour l’extirpation du Fanatisme » publié par Fouchet et Collot d’Herbois en novembre 1793 fait abdiquer Jamon comme tous les autres prêtres constitutionnels. Ils devront abandonner leur église et rejoindre leurs terres natales. Au printemps 1794, il quitte Saint-Chamond emmenant avec lui les tableaux de Grimer certainement aidé par quelques personnes voulant sauver ces œuvres. Avant sa mort, Jamon fit don de ces tableaux à la chapelle Notre Dame de Montfaucon. Certains ont vu dans ce geste une expiration de sa conduite passée. Ces tableaux s’inspirent de deux thèmes : un thème religieux, faisant référence à la vie de Jésus et un thème profane se rapportant à la vie rurale dans les pays flamands au XVI siècle.


Parcours et profil

 


Fiche

Descriptif :

GPX : #DeRetourDansLaHaute
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Départ : Firminy (42700)
Difficulté : Moyenne
Distance : 120km / D+ :  2139m
Durée : 5 heures 12
Sport : Cyclisme Route

 

2018
02.24

#200, la campagne de Russie avait pourtant si bien commencée…


Résumé

 

Descriptif :

GPX : #LaCampagneDeRussie
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Départ : Sorbiers (42290)
Difficulté : Moyenne
Distance : 201km / D+ :  1500m
Durée : 7 heures 41
Sport : Cyclisme Route

 

Annoncées depuis déjà plusieurs jours, les masses d’air glaciale venues de Sibérie commencent à déferler ce samedi sur la France. Nul doute que nous aurons froid, très froid même avec des -10 -15°C attendus dans la région. Mais avant d’hiberner, profitons des quelques rayons de cette journée très supportable pour rouler un peu, et mettre ainsi quelques kilomètres de coté en pensant aux beaux jours qui ne devraient plus tarder.

Alors OK, il fait tout de même froid. Mais un froid bien sec qu’un bonnet, de bons gants, un cache nez et plusieurs paires de chaussettes sauront parfaitement combattre. Et puis ne dit on pas souvent qu’il conserve, qu’il tue les microbes et les insectes, qu’il est, dans une une certaine mesure bien entendu, revigorant ?

Prenons donc la route, sans y penser ni s’essouffler, à la recherche seule du pédalage économe et efficace qui sera gage de réussite. Et puis comme on est pas des sauvages, on va aussi en profiter pour prendre quelques photos, celle des clients atypiques restés envers et contre tout attablés au comptoir du pont de Loire (Saint Just Saint Rambert), puis celle des toitures encore blanchies par le gel à l’entrée de Chazelles-sur-Lavieu. Une brève excursion dans le forez  qui me rappel combien la plaine du même nom est agréable en cette saison… Dents et freins serrés dans la longue descente, Montbrison est toute proche. La température ressentie y est tout de suite beaucoup plus acceptable, probablement un conséquence de l’abri naturel formé par les montagnes du soir. Nous ne sommes qu’au début de l’après-midi. Le ciel semble par moment vouloir se dégager. Cela vous fout aussi l’envie de continuer…. Et bien on continue… Plein nord cette fois-ci, prenant cette bise qui vous brûle et vous rougit la peau en pleine face. D’un coup d’index engourdi mais encore vaillant, je fais sauter la chaîne du petit au grand plateau. Juste histoire d’enrouler du braquet … et de rallumer (ou devrais-je dire réanimer….) la chaudière. Boën-sur-Lignon, ces sarments de vignes ne sont plus que des moignons balayés par les vents. Il est l’heure de remettre un peu de bois dans le poêle, essence rare abondamment garnie de poulet et de mayonnaise… Bref, la dalle !

Crépitement, étincelles au fin fond des boyaux, la braise est là et nécessite qu’on l’entretienne. Je reprend la route direction Arthun et Bussy-Albieux. La mosaïque ardoisée de l’Eglise Saint Martin m’attire l’œil. L’édifice se découpe sur un coin de ciel bleu….un bleu ciel tirant vers la menthe glaciale. Me voici désormais à la pointe Nord de la plaine du Forez. Je vais changer de point cardinal, tribord toute et cap au Sud. Le vent est un peu moins défavorable, le sac à dos joue pleinement son rôle de carapace. Nous ne sommes qu’en début de saison et la force fait encore défaut. Pourtant les jambes tournent rond, sans efforts…. Et c’est presque un peu inquiet que je me rend compte que j’apprécie de plus en plus la platitude ou plutôt plainitude à moins que ne soit plénitude de ces paysages. Moi qui ne jurais jusque là que par vallons et montagnes…. Le froid mordant me jouerait-il des tours ?  Après bientôt 6 heures de selle, cela n’est pas impossible. La sortie touche heureusement à sa fin. Il me faudra traverser les grands champs céréaliers parfaitement tristes en ce mois de février, m’approcher brièvement du fleuve sauvage et silencieux avant de me faufiler entre place forte médiévale et Casino royale à Montrond-les-Bains. Un dernier coup de collier devant l’hippodrome de Saint Galmier, et hop…..

…165km en version « Seul au Monde »… Pourtant, le compte n’y est pas tout à fait. Ce qu’il manque ? Oh trois fois rien….quelques tours de pistes et surtout….le spectacle d’un pâle coucher de Soleil  au dessus les toitures Stéphanoises…. Demain, l’hiver sera là. Et moi, je serais assis bien au chaud, sirotant un bol de soupe en rigolant de ceux qui oseront défier les éléments 😉 !

 


Parcours


Profil


 

2018
01.31

MeDiaN@Bike, l’appli à base d’Arduino et inspirée par Zwift …

Aller, cette fois, on arrête de baver sur le home trainer intelligent vendu par Zwift, on se remonte les manches, et on va le faire nous même, notre SmartTrainer.
Objectif ? Pouvoir connecter son vélo à l’écran de son ordi bien sûr, car aujourd’hui, c’est devenu sans intérêt de pédaler sans ordinateur… 😉

Et comme pour une recette, la première chose à faire c’est de rassembler les composants indispensable à la fabrication de cet home trainer maison.

Voici de quoi nous allons avoir besoin….

  • D’un vélo…. oui, 1 seul suffira, donc ça va pas être bien compliqué….;
  • D’un Home-Trainer basique….mon Tacx Booster à 9 niveaux de puissance fera parfaitement l’affaire…;
  • D’un ordinateur…si possible sous Tux;
  • D’une plaque à trou électronique pour développer rapidement le circuit élec…;
  • D’une pincée de composants électroniques : résistance, fils,…..
  • D’une boite en carton pour rassembler le câblage….
  • D’un relais magnétique et de l’aimant d’un compteur filaire pour la détection de la vitesse….;
  • D’un simple câble audio Jack pour la liaison vélo/ordinateur…;
  • D’une carte électronique pour traiter l’information et la transmettre sur l’ordinateur via un port USB….Après recherche, ce sera donc l’Arduino…. .

Et après ça ? Ben on se fout tout dans la tête, on secoue, on secoue et on secoue encore et puis quand on est bien secoué on passe derrière la caméra pour montrer comment on sait bien pédaler 🙂 Enjoy !

Ça pulse non ? Et comme je suis sympa, je vous donne quelques éléments qui vous aideront à développer votre propre système à la maison….

D’abord le câblage de l’Arduino et de la partie électrique :

Le câblage de la carte Arduino….

Ensuite, le programme Arduino qui, à partir du signal électrique émis à chaque passage de l’aimant devant le capteur ILS (récupéré d’un vieux compteur filaire), calcul la distance, la vitesse et d’autres infos qu’il envoie à l’ordinateur via le port USB.

Voir MeDiaNTachy.ino

Enfin, l’application graphique développée en Processing pour rendre l’expérience vraiment UserFriendly ….

Voir MeDiaNBike

Ne vous reste maintenant plus qu’à faire comme moi…Mais en mieux ….. Et après… repartager vos sources … 🙂 ! Et bientôt, Zwift ! 😉

2018
01.13

Premier jardinage 2018, direction le Forez !!!


Résumé

Descriptif :

GPX : #1erJardinageForez2018
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Départ : Sorbiers (42290)
Difficulté : Moyenne
Distance : 174km / D+ :  2220m
Durée : environ 7 heures 04
Sport : Cyclisme Route

13 janvier, la voilà déjà la première sortie longue de cette nouvelle saison 2018 … Et si de larges volutes de buée accompagne ma respiration lors des premiers tours de roues, c’est avec bonheur que je constate que le Soleil sera aujourd’hui de la partie. Un beau ciel bleu au dessus du Pilat, les rayons orangés frappant les façades de la cité Stéphanoise. Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi de la traverser. De Saint Priest à Geoffroy-Guichard,  à Carnot contourner le Crêt de Montaud en direction de Côte-Chaude puis rejoindre Saint Genest-Lerpt par l’épingle  fermée du Cluzel. Désormais à tribord, je m’éloigne du vert pour trouver le rouge particulier des Appelous. Quelques coups de pédales plus loin, le brun-vert du fleuve sombre tranche avec les rives claires dévoilés par le faible niveau des eaux. L’hiver a été et reste sec. La terre a besoin d’eau…mais pas tout de suite… !

Saint Paul, le quartier de la Semène puis Aurec, je franchis furtivement le fleuve, parcourant des yeux Aurec-Plage qui se trouve reliée au centre-ville par une une délicate passerelle posée sur de vielles piles datant de 1892. La préservation du patrimoine alliée à l’utile. Enfonçons-nous maintenant aux cœur des territoires ruraux si agréables à rider. Sur la route menant à Bas-en-Basset, 1,5km environ après Aurec, vous trouverez une petite route sur votre droite. N’ayez pas peur. Empruntez-la. Celle-ci vous conduira sans effort vers Malvalette, Rozier-Cotes-d’Aurec, plus généralement vers les plateaux du Forez. De là, vous découvrirez de belles routes sillonnant au milieu de prés à l’herbe brune, de forêts sauvages et de villages de caractère. Apinac…un deux un deux, me voici à Usson-en-Forez  où je m’octrois une petite pause aux abord de l’étang « Le Champdieu….. « .

…Après un bref salut de la main à deux vététistes qui traversent juste devant moi, me voici de nouveau en route. Le temps est maintenant splendide, la première impression du matin était donc la bonne. La température devient agréable même s’il ne faut pas se méprendre. 7-8°C au compteur, nous sommes quand même en janvier… Franchissement des voies de la vielles gare ferrée d’Usson… nous voilà partis en direction du Puy-de-Dôme, de Viverols et de son vieux Château. Quelle bonne idée j’ai eu. L’an dernier, toutes mes dernières incursion en territoire Forezien ont été accompagné de nuages pas toujours sympathique. Et là, j’ai presque chaud…. Saint Romain, j’atteindrais bientôt Saint Clément et bien vite Saint Antheme, drôle de prénom pour un Saint. De là les choses se corse. Il va falloir se hisser en haut du col des Limites, duquel l’ascension de la Croix de l’Homme Mort n’est qu’une formalité. Nous ne sommes qu’en début de saison, les jambes m’ont suivis lors des fêtes et refusent aujourd’hui d’avaler les pourcentages. Fonction Randonneur enclenchée, je me hisse tranquillement en haut du col. Je sais qu’une longue descente sur Montbrison m’attendra alors….Et avec elle, une pause pâtisserie bien méritée. Nous sommes en début d’après-midi. Assis dans un petit parc, ce sera pour moi galette frangipane et pain aux raisins. En vous remerciant…

…… Et maintenant ? Que vais-je faire ? Ben de la plaine pardi ! Comme tout bon cycliste de la région qui se respecte… En début de saison, on roule au plat, pour ne pas se fatiguer… Dans un premier temps, direction Chalain d’Uzore, mieux connu sous le nom des Croix d’Automne, puis à droite, croisant d’abord une longue ligne droite jouxtant les étangs où poussent les roseaux, puis un groupe de cyclistes presque retraités, coupant ensuite à travers champs avant de retrouver enfin la toiture pointue du cousin Chalain-le-Comtal. Capture argentique d’une belle ferme entourée de race équine, je franchi une nouvelle fois la Loire grâce au pont de la cité thermale. Montrond-les-Bains….

….Mais vous auriez tord si vous me croire arrivé. Nous sommes en début de saison, le compteur aligne pas loin de 150km, et les jambes le double…. Mais la tête heureusement est là….

We’re up all night till the sun
We’re up all night to get some
We’re up all night for good fun
We’re up all night to get lucky
….

Dimanche 14 janvier, les jambes sont décidément bien raides au saut du lit. Mais pas suffisamment pour m’interdire une petite sortie VTT pur plaisir dans l’après-midi… L’épilogue d’un beau premier week-end vélo 🙂 Nice !!!


Parcours


Profil


 

2018
01.01

Billet d’humeur 2018…

Humeur 2018. Le vélo est toujours là. Pliant, en fibre de carbone, tout terrain, avec changement de vitesse au guidon, c’est encore un vélo. Un cadre, deux roues, un pédalier, une chaîne et un guidon. Une des mécaniques qui a le moins évolué sur le fond depuis son invention, avec la brouette peut-être. Les damiers de Peugeot ont disparu, et c’est sans doute dommage ; mais les sensations n’ont pas changé. La liberté du coup de pédale n’a pas d’équivalent. Ni la marche ni, à plus forte raison, l’automobile, ne procurent ce sentiment de faire corps avec la terre et d’en être en même temps détaché. Bien sûr, de temps en temps, les roues collent au revêtement de la route, quand celle-ci s’élève un peu trop ou que la cinquième heure passée sur une selle vous semble interminable. Celui qui enfourche sa bicyclette n’en est pas moins toujours submergé par la même émotion ; celle qui vous saisit quand, d’un coup, le monde est à votre portée. Plus d’espace, plus de temps, les copains à quelques tours de roue. Oh, bien sûr, il reste à négocier l’heure de retour et l’itinéraire emprunté. Peu importe ! Le vélo, ça ne vous lâche plus. Et pas seulement les bobos qui ont assuré le succès de Vélib’ comme solution possible aux encombrements parisiens. Aux premiers rayons de soleil, aujourd’hui plus qu’hier, les routes se couvrent de cyclistes de tous âges, casqués et vêtus de maillots criards. D’aucun auraient pu penser, non sans raison, qu’un moyen de locomotion aussi inconfortable était condamné à disparaître avec le progrès des techniques. Que le Ventoux du pauvre Simpson allait être rendu aux chèvres. Rien de tout cela. Le Géant de Provence est devenu l’un des monts les plus fréquentés. Un must, pour parler la langue du temps. Cela pourrait agacer. Cela agace parfois. Si ce n’est que chacun a ses secrets pour retrouver seul, ou avec des amis choisis, le bonheur à Bicyclette. Oublié alors le prétentieux qui exhibe son matériel, ou le plus prétentieux encore qui assène ses moyennes. Ne comptent que le vent, la lumière et le ciel…

2017
12.31

A l’heure du bilan 2017…Bonne année 2018 !!!

2017
12.02

… Le Monde Perdu … en optique G5S ….

2017
11.18

#DeNada, le Rallye des Monts et Coteaux !


Résumé

Descriptif :

GPX : #DeNada-MerciAToi
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Départ : Sorbiers (42290)
Difficulté : Moyenne
Distance : 177km / D+ :  2430m
Durée : environ 7 heures 15
Sport : Cyclisme Route

…Nouvelle partie d’équitation dans nos belles montagnes du Lyonnais. Départ au petit matin, une petite portion plane d’abord pour bien s’échauffer. Il fait frais, presque froid. Je roule doucement à travers la buée intermittente émanant de ma respiration. Le paysage est trouble derrière le mince film de buée recouvrant mes verres. J’ai l’impression de sortir du lit….avec devant moi une belle et longue journée…

…Firminy, Unieux, j’enjambe le fleuve avant de me hisser vers le nuage de brume observé depuis tout à l’heure. Pourquoi fuir ou esquiver ? A vélo la météo est une richesse. Saint Maurice dans le duvet, Périgneux sous la couette. Penser chaleur pour ne pas avoir froid. Mais ici, à Sainté, quand il fait froid, on roule aussi dans la plaine… Saint Marcellin, Sury, Bellegarde, les maisons y poussent comme des champignons et le climat n’est pas seul responsable…

…Mais la plaine fait surtout mal aux jambes du grimpeur. Moi, je veux de la bosse, de la basse de la haute, de la périodique, de l’harmonique. De la bosse à te faire retrouver la tête du plus simple des smiley. De la bosse à te faire remercier la terre du vivant et du non-vivant. Et oh surprise, une licorne merveilleuse…

…Me voilà à Sainte Foy.. sur la trace d’une petite route débouchant à Saint Genis. La portion n’était pas longue. Quelques kilomètres seulement mais qui rassure sur le nombre de choses qu’ils restent à faire après des milliers de kilomètres à rouler dans la région.  Virage à gauche, direction Yzeron et le col roulant de la Croix de Pars. Route de Saint Martin barrée. Je lis en travers l’affichette éditée par la préfecture. Ici se déroule le 8ième rallye des Monts et Coteaux. Crépitement, crissement, mugissement. Les moteurs fumant déroulent les routes sinueuses à vive allure et il va falloir jouer l’esquive pour les éviter. Souple et vif comme un cycliste…

…Thurins, Saint Martin-en-Haut où je recharge en pain-saucisson-beaujolais acculé que je suis par la banqueroute visible des boulangeries. Je chausse, déchausse et rechausse au passage des véhicules floqués et numérotés… Si j’avais su, ben je serais venu…

Le sport automobile c’est lancer 2 mecs dans l’étroit corridor de la vitesse. Pas de vision périphérique comme sur deux roues mais une capacité à focaliser en instantanée, à déclencher par la moelle épinière même l’action réflexe qui te gardera sur le gris,  une folie pour animal à sang froid.

…Larajasse, barrière à la sortie du village. Ce sera donc Coise … et ses barrières à la sorties… J’aime pas. La route est aujourd’hui privatisée par les fous du volant, des As de la route cool comme dans  Fast & Furious. Une belle petite coursière entre Chatelus et Marcenod ils me font découvrir. Cool je vous disais 🙂 !

… Il ne me reste plus qu’à rentrer, les jambes toutes engourdies par le froid et la tête bruissant du rugissement des moteurs. Un beau rallye vélocypédique… avec, en attendant la prochaine, le film qu’il faut pour patienter bien au chaud dans ses pantoufles.


Parcours


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2017
11.18

Il était une fois Anquetil, l’histoire de Maître Jacques….


Anquetil, mystère…

« 18 novembre 1987, il y a 30 ans, que Jacques Anquetil, Maître Jacques comme nous nous plaisions à l’appeler, nous quittait. Emporté par un cancer de l’estomac, ce cycliste inclassable et singulier est le premier a avoir gagner 5 fois le Tour de France ainsi que les 3 Grands Tours. Orfèvre de l’effort solitaire, il établit le record de l’heure en 1956 et s’adjuge le Grand Prix des Nations à neuf reprises. Mais il est également l’auteur d’exploits incroyables comme cette victoire sur Bordeaux-Paris, dont il prit pourtant le départ seulement 8h après l’arrivée du Dauphiné Libéré, qu’il remporta bien entendu ! Et tout ça en faisant fi de toutes les règles de bonnes conduites régissant le cyclisme…. Un immense Champion qui aimait la vie. Une personnalité. Un Grand Monsieur ! »

« Son coup de pédale était un mensonge. Il disait la facilité et la grâce, il disait l’envol et la danse dans un sport de bûcherons, d’écraseurs de pédales, de bourreaux de travail, de masculin pluriel. Il pédalait blond, la cheville souple, il pédalait sur pointes, le dos courbé, les bras à angle droit, le visage tendu vers l’avant. Jamais homme ne fut mieux taillé que lui pour aller sur un vélo, jamais cet attelage homme-machine ne fut plus beau. Il était fait pour être vu seul sur la route, découpé contre le ciel bleu ; rien en lui n’évoquait le peloton, la masse et la force en union, il était la beauté cycliste seule. » (Paul Fournel, Anquetil tout seul)

« J’avais 10 ans, j’étais petit brun et rond, il était grand blond et mince, je voulais être lui. Je voulais son vélo, son allure, sa nonchalance, son élégance. » (Paul Fournel, Anquetil tout seul)

 


…Anquetil tout seul…


… et les cols de la Tragédie

L’image est là, dans la tête, noir et blanc d’un monde ancien où je me repose des vanités actuelles : Jacques Anquetil 1957. Il a 23 ans, c’est le Tour de France, l’année de sa première victoire, et il m’apparaît comme ça : seul au milieu de la route avec la foule amassée sur les bords et trois motos qui lui font cortège, pleins phares sous un ciel de brume, l’image le fixe dans l’effort à pleine vitesse, assis, ou plutôt couché sur son vélo, dans une position qui tient de l’oiseau de proie et de la danse chinoise : reins cassés, dos incroyablement plat, tête rentrée dans les épaules, visage taillé au couteau, nez, pommettes, menton, des yeux clairs, très clairs, rivés vers l’avant, la bouche à peine entrouverte, et le reste qui invente une géométrie de l’élégance : bras en parfait angle droit, mains en bas du guidon, de longues jambes au galbe accusé, aux veines saillantes, et du bout des pieds, lanières serrées jusqu’au sang, la pression sur les pédales, toute la puissance concentrée et rassemblée, le point de fuite. Jacques Anquetil 1957 : l’image est là, elle vit en moi, souvenir et obsession se mêlent, mais j’ignore si elle a jamais existé ainsi.

Dans la course à vélo, quelque chose sépare le commun des exceptions, qui apparaît sous deux contraintes : la durée et le relief. Dans les deux cas, chacun a pu s’y essayer, on touche aux limites, à ce dont un corps est capable lorsque le cœur s’affole et les jambes brûlent. Et alors, comme en temps de guerre, les rangs se forment : il y a ceux qui renoncent (les raisonnables, les faibles), ceux qui présument (les fous, les orgueilleux) et ceux qui résistent (les exceptions). Anquetil était exceptionnel, on pourrait dire malgré lui, avec cette illusion de l’aisance, même dans l’effort le plus violent, si les ressorts de la volonté, de la bravoure, de l’orgueil, n’avaient élevé le don à sa plus haute expression. On peut y voir une forme de grandeur, mais aussi quelque chose de plus désespéré, de l’ordre de la pulsion de mort.

Le domaine où Anquetil dominait, où il a forgé ses victoires, humilié ses adversaires, plus qu’aucun autre, c’était le contre-la-montre, seule épreuve individuelle d’un sport soumis à des règles d’équipe et à l’anonymat du peloton. Là, sur 40, 50 ou 60 kilomètres, seul contre le temps, seul avec ses limites, il excellait. On a évoqué sa position sur le vélo, idéale pour l’exercice, dans la recherche de vitesse, dans le jeu avec les éléments, la pluie, le vent surtout. Souvent, en le voyant, je pense à l’homme-machine de Marinetti et des futuristes : le corps métallique (dur, phallique, immunisé), la vitesse lente (le temps s’arrête, on le domine), le raisonnement de la technique (pour abolir le hasard).

On a souvent décrit Anquetil comme un loup solitaire. Cette solitude, qui le sublimait sur la route, l’enfermait dans une arrogance aux charmes désuets. Beaucoup de champions de son rang (Merckx, Hinault, Indurain, Armstrong) ont suscité la controverse, le rejet, c’est le prix à payer de la domination, mais aucun n’a semblé en éprouver de jouissance comme Anquetil. En 1957, il arrivait, en France, après la génération de Robic et Bobet, des Bretons de caste, des forçats qui dodelinent de la tête et des épaules, comme le public se plaît à les admirer. De sa génération, bien sûr, il y eut Poulidor, dans la position ingrate, mais fructueuse pour qui cherche les suffrages, du looser au grand cœur, du brave type qui perd avec le sourire. On soupçonne Anquetil, d’une intelligence aussi affûtée que sa silhouette au départ du Tour, d’en avoir beaucoup rajouté dans le contraste, pour entretenir la rivalité, et avec ce plaisir que l’on sait aristocratique de déplaire, lui fils de maçon normand. Alors il serait ce monstre froid et calculateur, qui court pour l’argent, éventuellement la gloire, mais surtout pas pour le public, ce monstre dégoulinant de frustrations.

Je me souviens, au moment de sa mort, de plusieurs pages dans Paris Match. Les photos dataient de quelques années, il prenait la pose dans son château de maître, entouré de ses femmes, le bétail en liberté, des hauteurs et des superficies de patrimoine naturel, la fontaine en marbre et le petit ruisseau qui serpentent dans le jardin, très gentleman-farmer, ancien pauvre qui flamboie, un rien bling-bling dirait-on sous nos latitudes. Je revois ce sourire goguenard, si caractéristique, qu’il promenait sur les pages, d’une photo à l’autre. Frime ? Provoc ? Oui, mais vu comme une dynamique, un moteur, une liberté conquise, et toujours ce plaisir de déplaire.

Ses femmes, je disais. L’histoire ne fut connue du grand public que longtemps après la mort d’Anquetil. Sa fille a écrit un livre, en 2004, où elle raconte l’histoire, le secret de cette famille transgressive : il y a Jeannine, la femme de Jacques, tout en blondeur et pulpe hollywoodiennes ; il y a Annie, fille de Jeannine, d’une vie précédente, que Jacques aima comme sa fille, puis comme sa maîtresse ; et il y a Sophie, donc, fille d’Annie et de Jacques, sous l’autorité bienveillante de Jeannine qui, ne pouvant donner un enfant à Jacques, et sachant que ce manque lui ferait perdre son amour, laissa la chose se faire. Et ils vécurent ainsi d’un amour pluriel, consanguin et consenti, Sophie insiste sur ça, chacun se sentait libre, mais dans la dévotion exclusive de Maître Jacques, sulfureux sultan : « Jacques était un despote éclairé et charismatique, tout en subtilité et finesse, qui n’imposait jamais rien. Il avait une poigne de dictateur, mais il nous aimait profondément : ça change tout. »

La légende d’Anquetil ne serait rien sans l’appétit des ogres qu’on lui prêta et qu’il ne fit rien pour démentir, dans un sport de moine anorexique où les excès se payent, en général, de sévères déboires. L’idée de manquer aux usages élémentaires, on l’a compris, ne pouvait que séduire l’homme d’abondances. Raphaël Géminiani, dit le Grand Fusil, ancien coéquipier puis directeur sportif des belles années, avec sa gouaille et son endurance aux veillées, en fit un conte rabelaisien : les nuits d’opéra avec l’ami Blondin, les hivers de grandes bouffes au château, la promesse d’une tournée des ducs pour l’inciter à l’offensive en cours d’étape, les raids de plusieurs heures qu’il s’infligeait les lendemains de bringue, et puis ce moment surréaliste, un jour de repos pendant le Tour, où il lampa un plateau de fruits de mer et une bouteille de blanc, devant les caméras, alors que le reste du peloton s’évertuait à la prudence et la frugalité. On retrouve dans ses manières l’orgueil de l’adolescent frondeur, mais secrètement blessé, qui s’éprouve dans le défi et le dégoût, façon James Dean, héros de ces glorieuses fifties, auquel il ressemblait un peu.

Juillet 1986. J’ai huit ans, et cette année mon père m’a promis de m’emmener à l’arrivée de l’étape du Tour, à Pau. Pour la première fois, je vais voir les coureurs, en vrai. Je les connais tous, ils s’appellent Claudy Criquielion, Sean Kelly, Lucho Herrera, Steve Bauer, Moreno Argentin (cette poésie des noms oubliés, le plaisir, bien connu des aficionados, de se les rappeler, comme d’un mot savant ou d’une petite amoureuse). Tous les jours je suis l’étape à la télé, et ce que je préfère, quelques minutes avant le direct, c’est la Rétro, comme ils disent à la télé, des images d’archives au filtre jauni, la voix pompidolienne de Jean-Paul Ollivier, l’histoire du Tour comme un prologue à celle de France. On y apprend tout de cette fable épique aux personnages de légende, en proie ou en lutte, vainqueurs ou vaincus, Grecs d’évidence, qui incarnent, tout à fait physiquement, et mieux qu’un acteur dont c’est seulement le métier, une émotion, un sentiment, parfois même une pensée. C’est sans doute là que j’ai vu, ou cru voir, cette image d’Anquetil pendant le Tour 57 que mon père avait suivi l’oreille collée au transistor, comme il me le répétait souvent pour s’étonner de la vitesse du progrès ou déplorer la défaite de l’imaginaire, je ne sais pas. Ainsi je fantasmais une image que mon père avait entendue, à peu près au même âge et dans un rapport également distant de la réalité objective.

Je suis sur les épaules de mon père, au troisième ou quatrième rang derrière la barrière, à une centaine de mètres de l’arrivée, et nous attendons les coureurs. Devant nous, c’est le barnum itinérant de la caravane du Tour, sorte de chenille publicitaire qui ambiance nos territoires avant le passage des coureurs : tocsin des motos de gendarmerie, promotion tapageuse des marques, blondes hôtesses juchées sur les capots d’où elles saluent en sirènes, bidons et casquettes que l’on jette au hasard des mains qui s’agitent, et me voilà, fier comme on peut l’être, coiffé d’une casquette à visière transparente, élastique jaune, marque Renault, la même que Laurent Fignon. Dans le bruit et la précipitation, quelques minutes plus tard, j’aurais à peine le temps de voir les visages comme noircis, déformés par la violence de l’effort, de Bernard Hinault et Pedro Delgado qui arrivent ensemble, après une longue échappée depuis le col du Tourmalet, sous une chaleur de plomb.

Il y a un peu moins de monde à présent. Nous sommes derrière le podium d’arrivée, près des autobus aménagés que rejoignent les coureurs au compte-goutte, en roue libre, dans un commun état d’épuisement, et j’attends le stylo à la main, prêt à tendre ma casquette à visière. Je trouve les coureurs petits et maigres, alors que je les imaginais grands et forts. Ils ont un bronzage bizarre au niveau du torse, des veines très marquées sur les cuisses et les mollets, et quand ils ne sont pas sur le vélo on dirait qu’ils boitent. C’est alors que j’ai senti la main de mon père sur mon épaule : regarde, il m’a dit. Je regarde en direction du podium et je vois : une allure de milord, toilette impeccable, mocassins blancs et chemise à fleurs, souplesse des mouvements, la mèche toujours soignée et ce sourire éternellement goguenard : Anquetil, bien sûr. Je tends ma casquette à visière et mon stylo. Ça c’est un champion, a dit mon père, Anquetil a souri, puis il a signé d’autres casquettes, un peu plus loin, et nous sommes restés quelques secondes à l’observer, avant de revenir à la voiture, en silence : moi en regardant la signature, mon père en étouffant un sanglot.

Le cyclisme ne crée pas seulement des idoles, comme dans les autres sports ou les environs du spectacle, il crée des mythes, une chanson de geste, un savoir-vivre qui n’a rien à voir avec la morale ou la religion. Ici, la grâce apparaît sous des formes contradictoires, par des corps souffrants et pourtant glorieux, intouchables et souvent meurtris. Les coureurs sont des saints et des malades, des surhommes trop humains. Alors, oui, le dopage, bien sûr le dopage. Il disait quoi Anquetil ? « Si l’on veut m’accuser de me doper, ce n’est pas difficile, il suffit de regarder mes fesses, ce sont de véritables écumoires ». Les bouches vertueuses qui prêchent la santé et l’exemplarité, dans un sport comme le cyclisme, ignorent tout de la condition de l’homme au pied d’un col, et de cette zone intermédiaire, après avoir dépassé les limites, dont on revient plus riche de soi mais séparé des autres, comme un explorateur.

De cette zone intermédiaire, où peu s’aventurent, parfois on ne revient pas. Ces dernières années, deux champions, Marco Pantani et Frank Vandenbroucke, sont morts à 34 ans, tous les deux vaincus par la dépression, la solitude, la drogue, l’un dans une chambre d’hôtel de Rimini, l’autre dans une case au Sénégal. Jacques Anquetil, lui, est mort en 1987 d’un cancer de l’estomac. Il avait 53 ans. Quelques jours avant sa mort, il appelle Poulidor et lui dit : « T’as vraiment pas de chance, tu vas encore finir derrière moi. »

Par Vincent Sarthou-Lajus