2025
06.14

La Sap’Auvergne

Créée en 2019 à Dunières, La Sapaudia Auvergne
est une association à but non lucratif dédiée à deux missions majeures :

  • La promotion du don de moelle osseuse
  • L’accompagnement et l’insertion par le sport
    des personnes en situation de handicap

L’association est née de la volonté de faire bouger les lignes et de rassembler des individus issus de tous horizons autour de valeurs communes : solidarité, entraide et respect des différences. Aujourd’hui, La Sapaudia Auvergne compte une cinquantaine d’adhérents et une quarantaine d’entreprises partenaires historique qui soutiennent activement ses projets.

Du 19 au 20 juin 2025 aura lieu un Défi vélo de 30h organisé par La Sapaudia Auvergne : 400km, 150 cyclistes, 9 ravitaillements, 4500m dénivelé positif… Un vrai défi sportif et humain qui sous l’impulsion de l’association la Sapaudia, constituera certainement l’un des plus beaux moments de la saison…

www.facebook.com/sapaudiaauvergne

www.sapauvergne.fr/le-defi-velo-sapauvergne-2025/

2025
06.08

La Cyclo-montagnarde du Haut-Bugey ❤️


Résumé

La cyclo-montagnarde du Haut-Bugey est proposée au départ d’Oyonnax par le club tout récent Cycl’hôpital. Le parcours excellemment organisé et tracé fut pour moi une occasion rêvée de visiter ce territoire : le lac Genin, Cerdon, le plateau de Retord, le plateau d’Hauteville, le viaduc de Cize-Bolozon… Des endroits précisément détaillés dans une série d’épisodes publiés avant l’épreuve par le club (et dont vous trouverez des extraits ici) ce qui renforce encore l’intérêt touristique du projet. Car si pédaler est une chose, pédaler en ayant connaissance de l’histoire, de la géographie, des légendes d’un lieu en est une autre. Bien avant les « Ultras » qui dérive parfois vers ces sportifs-à-tête-dur que d’autres sports peuvent connaître, il y avait le « Randonneur ». Un animal issu d’une longue tradition et qui pratiquait le cyclotourisme sans se préoccuper des stats’ ou de l’image qu’il renvoyait sur les réseaux. Le Randonneur pratiquait un tourisme qui, sans être dénué d’exploits sportifs, avait pour obsession de revenir un peu plus riche qu’avant son départ… Le vélo était seulement le moteur de sa découverte. Et cette posture là n’est pas encore tout à fait morte puisque, à ma grande satisfaction, elle rassemble ce jour à Oyonnax encore beaucoup d’adeptes. Efficacement défendue par la FFVélo (anciennement nommée FFCT) qui, sous l’impulsion d’un nouveau bureau, semble vouloir faire renaître des organisations d’exception, accessibles, conviviales et qui surtout replace la performance où elle doit être pour remettre l’humain au centre. Et bien que les jambes étaient fortement émoussées par la difficile randonnée du Baridür le week-end dernier, il aurait été quand même bien dommage de passer à coté de cette pépite 🙂 !!!

Épisode 1 : Oyonnax, capitale de la Plastics Vallée

Oyonnax, une ville où l’histoire se mêle à la modernité, mais surtout une ville qui a su faire face aux épreuves avec courage et détermination. Son histoire commence bien avant l’ère industrielle, à l’Antiquité, où elle était déjà connue sous le nom d’ »Oniacus ». Les Romains y ont laissé leur empreinte, mais c’est véritablement au Moyen Âge que la ville commence à prendre forme avec sa position stratégique au cœur de la vallée de l’Oyonnax. Le XIXe siècle marque un tournant décisif pour Oyonnax, qui devient la capitale mondiale du plastique, un secteur qui façonne encore aujourd’hui son identité industrielle. Mais au-delà de cette révolution économique, Oyonnax porte aussi en elle une histoire héroïque : pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville est un bastion de la Résistance. En 1943, les habitants se lèvent contre l’occupant nazi, contribuant activement aux réseaux de résistance. Avec ses maquis et ses cachettes dans les montagnes, Oyonnax devient un symbole de liberté et de solidarité. L’esprit de résistance reste bien vivant dans la mémoire collective et fait partie intégrante de l’âme de la ville.Aujourd’hui, Oyonnax est une ville moderne, dynamique et fière de ses racines, un mélange unique d’histoire ancienne, industrielle et héroïque.

Épisode 2 : le Lac Genin, Un Joyau Naturel du Jura

Le Lac Genin, situé au cœur du massif du Jura, est l’un des plus beaux lacs de la région, un véritable trésor naturel qui se cache à 1 010 mètres d’altitude, à la limite de la commune de Septmoncel, dans le département du Jura. Formé par l’action des glaciers lors de la dernière glaciation, il est un parfait exemple des lacs glaciaires qui parsèment les montagnes jurassiennes. Ce petit lac d’origine glaciaire, d’une superficie d’environ 3,5 hectares, est profondément ancré dans le paysage jurassien et dans l’histoire de la région. Le paysage autour du Lac Genin est typique du Jura, avec des forêts denses, des crêtes et des pentes escarpées, qui offrent une vue spectaculaire. Les montagnes environnantes font partie du Jura central, une chaîne de montagnes qui sépare la France de la Suisse. La végétation est composée principalement de sapins, de hêtres et de chênes, créant un cadre naturel sauvage et préservé.

Épisode 3 : Saint-Germain-de-Joux, Un Village de Tradition et de Nature

Nichée dans la vallée de la Valserine à la lisière des montagnes du Jura, Saint-Germain-de-Joux est un petit village pittoresque qui séduit par son authenticité et son cadre naturel. Ce charmant village, situé à une dizaine de kilomètres d’Oyonnax, a su préserver son patrimoine et ses traditions tout en offrant une belle porte d’entrée vers le massif jurassien. Les Marmites des Géants de Saint-Germain-de-Joux. Un Spectacle Naturel Imbattable : Les Marmites des Géants sont l’une des merveilles géologiques les plus impressionnantes du Haut-Jura. Situées à Saint-Germain-de-Joux, elles sont le résultat d’un phénomène naturel fascinant, façonné au fil du temps par l’eau de la rivière Valserine. Les Marmites des Géants sont des cuves profondes, créées par l’érosion de la roche sous l’action des galets et débris transportés par l’eau. Lorsque la rivière Valserine dévale les pentes, l’eau et les débris tournent en spirale, creusant lentement ces trous circulaires dans la roche. En période de crue, l’eau recouvre ces marmites, mais dès que le niveau baisse, ces formations impressionnantes sont visibles, révélant des cuves géantes aux formes étonnantes. Certaines peuvent atteindre jusqu’à 3 mètres de profondeur !

Épisode 4 : Giron, Un Village Authentique au Cœur du Haut-Jura

Situé à 900 mètres d’altitude, Giron est un village pittoresque du Haut-Jura, au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Jura. C’est un véritable havre de paix où l’histoire, la géographie et la nature se rencontrent. Ce petit village de montagne est un lieu de prédilection pour les amoureux de la nature, les passionnés d’histoire et ceux en quête de tranquillité. Une Histoire Riche et Fascinante : Le village de Giron possède une histoire millénaire, qui s’étend du Moyen Âge à aujourd’hui. Autrefois, Giron faisait partie des terres seigneuriales du château de Joux, un site qui a longtemps dominé la région. Au fil des siècles, le village a su préserver ses traditions, notamment la fabrication de fromages (comme le Comté) et la pratique du pastoralisme. Giron a également été marqué par l’histoire locale durant la Seconde Guerre mondiale, où il a été un refuge pour les résistants du Jura. Ce village était également un lieu de passage pour les voyageurs entre la France et la Suisse, notamment grâce au Col de la Faucille, qui reste aujourd’hui un point stratégique pour accéder aux Alpes.

Épisode 5 : Pont d’Enfer de Champfromier, Un Monument Mystérieux et Emblématique

Situé à Champfromier, le Pont d’Enfer est un site incontournable qui fascine par son histoire, son architecture et le mystère qui l’entoure. Ce pont impressionnant, datant de l’époque médiévale, franchit la Valserine et est le témoin d’une époque révolue, marquée par les légendes et les récits populaires. Une Construction Imposante au Cœur du Jura : Le Pont d’Enfer est un ouvrage en pierre construit au XVe siècle, probablement à l’initiative des seigneurs locaux. Il s’agit d’un pont voûté qui a traversé les siècles, reliant deux rives de la Valserine, une rivière puissante et tumultueuse. Ce pont a joué un rôle crucial dans les communications et le commerce entre les villages environnants. Aujourd’hui, il est un témoignage précieux de l’architecture médiévale, avec ses arches imposantes et son caractère robuste.

Épisode 6 : Les Gorges de la Valserine : Un Chef-d’Œuvre Géologique à Chézery-Forens

Les Gorges de la Valserine, situées à quelques kilomètres de Chézery-Forens, sont un véritable joyau du Haut-Jura, offrant un spectacle saisissant de la force de la nature. Ces gorges, sculptées par la rivière Valserine, sont un exemple frappant de la manière dont l’érosion fluviale a façonné le paysage au fil des siècles. Une Formation Géologique Unique : Les Gorges de la Valserine sont célèbres pour leur formation géologique particulière. C’est un canyon étroit et profond où la rivière a creusé la roche calcaire au fil du temps, donnant naissance à des parois abruptes et spectaculaires. Ce phénomène, appelé érosion fluviale, est visible partout dans les gorges, avec des falaises qui atteignent parfois 100 mètres de hauteur, bordant la rivière en contrebas. Les Gorges de la Valserine sont également caractérisées par une biodiversité exceptionnelle. La végétation qui pousse dans cette région est typique du Jura : forêts de sapins, pins sylvestres, et des buissons épais qui poussent sur les rochers. Ce microclimat particulier abrite une faune locale variée. Si vous êtes chanceux, vous pourrez apercevoir des oiseaux comme le martinet noir, ou même des rapaces qui survolent les falaises abruptes. La rivière elle-même est un habitat pour plusieurs espèces de poissons et amphibiens, contribuant à la richesse de l’écosystème local. Le contraste entre la nature sauvage et la force brute de l’eau créant ces formations géologiques exceptionnelles rend ce site particulièrement spectaculaire.

Épisode 7 : Le Pont des Pierres à Châtillon-en-Michaille : Un Témoignage du Passé

Le Pont des Pierres est un véritable symbole de Châtillon-en-Michaille, situé dans la vallée de la Valserine, au cœur du massif du Jura. Ce pont, datant du XVIe siècle, est un exemple remarquable d’architecture en pierre et un témoignage précieux du passé historique de la région. Une Histoire Liée à Châtillon-en-Michaille : Construit à une époque où les routes étaient encore peu développées et où les ponts étaient essentiels à la communication et au commerce, le Pont des Pierres a servi de passage vital pour les habitants de Châtillon-en-Michaille. Il reliait le village aux terres agricoles environnantes et facilitait les déplacements, notamment vers la vallée de la Valserine. Ce pont a traversé des siècles de transformations dans la région, du Moyen Âge aux grandes époques de l’histoire moderne. Une Construction en Pierre Remarquable : Le Pont des Pierres est construit avec des pierres extraites des carrières locales, taillées avec une grande précision. Son arc principal, large et robuste, a été conçu pour permettre le passage de véhicules lourds, même à une époque où les moyens de transport étaient très différents de ceux d’aujourd’hui. L’arc repose sur des piles solides, lui donnant une stabilité qui lui permet de traverser les siècles sans faillir. Il est toujours en très bon état et témoigne de la maîtrise technique de ses bâtisseurs.

Épisode 8 : l’ascension du Col de Cuvery

L’ascension du Col de Cuvéry depuis Châtillon-en-Michaille est une expérience en plein cœur de la nature jurassienne, idéale pour les cyclistes et les randonneurs en quête de paysages exceptionnels et de défis physiques. Ce col, qui culmine à 1 241 mètres d’altitude, relie Châtillon-en-Michaille au plateau des Monts Jura et à la vallée de la Valserine. Tout au long de l’ascension, vous serez immergé dans un cadre naturel riche, avec une flore jurassienne variée. Vous pourrez observer des marmottes sur les pentes, des chamois sur les crêtes, et, avec un peu de chance, apercevoir un cercle de rapaces volant au-dessus de la vallée. Les forêts environnantes, principalement composées de sapins et de hêtres, alternent avec des prairies alpines où fleurissent des plantes sauvages. Le changement de végétation à mesure que vous grimpez ajoute à l’expérience immersive et fait de cette montée une véritable aventure. Arrivé au sommet du Col de Cuvéry, vous serez récompensé par un panorama spectaculaire sur la vallée de la Valserine, le Haut-Jura et les montagnes qui se dessinent à l’horizon. Par temps dégagé, vous pourrez apercevoir jusqu’aux Alpes, avec le Mont Blanc visible à l’horizon, un spectacle inoubliable. C’est l’endroit idéal pour une pause bien méritée, où vous pourrez profiter de la tranquillité du site, du paysage époustouflant et de l’air frais de la montagne.

 

Épisode 9 : Le Plateau du Retord, un Site Exceptionnel au Cœur du Jura

Le Plateau du Retord est un vaste plateau situé au cœur du Haut-Jura, un lieu où la nature, l’histoire, la géographie et la géologie se rencontrent pour offrir un paysage fascinant et une richesse exceptionnelle. Ce site, à la fois isolé et d’une beauté brute, a joué un rôle majeur tout au long de l’histoire et continue de captiver les visiteurs avec sa diversité. Une Histoire Ancienne et Riche : Le Plateau du Retord possède une histoire ancienne, marquée par son rôle dans les échanges entre les vallées et les montagnes. D’abord habité par des peuples celtes, puis utilisé par les Romains, il faisait partie des itinéraires stratégiques traversant le Jura. L’ancienne voie romaine de la Vie du Loup, qui passait par cette région, témoignait déjà du rôle clé de ce plateau pour les échanges commerciaux et militaires. Au Moyen Âge, la région était également utilisée pour le pâturage et la récolte du bois. Les prairies du plateau étaient mises à profit pour l’élevage des vaches et des moutons, et les forêts fournissaient du bois pour la construction et la fuel. C’est aussi une région marquée par la culture et les traditions agricoles spécifiques aux zones montagneuses, comme l’élevage en estive ou l’utilisation des alpages. Le Plateau du Retord a donc été, tout au long des siècles, un lieu de passage, d’exploitation, mais aussi de vie communautaire dans ses petites fermes et hameaux.

Épisode 10 : Champdor et son château

Le village de Champdor et son château sont des trésors du Haut-Bugey, offrant une belle immersion dans l’histoire locale et un cadre naturel préservé. Champdor : Un Village au Charme Authentique : Le petit village de Champdor, niché dans les montagnes du Haut-Bugey, est un lieu à la fois pittoresque et chargé d’histoire. Ce village traditionnel, souvent oublié des circuits touristiques principaux, conserve tout son charme et son authenticité avec ses maisons en pierre et ses paysages verdoyants.

 

Épisode 11, Hauteville-Lompnes : Histoire et Spécificités Médicales

Hauteville-Lompnes, une petite ville nichée dans le Haut-Bugey, a une histoire marquée par sa situation géographique exceptionnelle et ses liens profonds avec l’histoire de la santé. Des Origines à Aujourd’hui : L’histoire d’Hauteville-Lompnes remonte à l’Antiquité, où le village est déjà mentionné sous le nom d’Aventicum. Ce territoire stratégique, proche des montagnes et des forêts, a vu ses premières habitations se développer autour de petites communautés agricoles. Au Moyen-Âge, Hauteville était un lieu de passage entre les plaines de l’Ain et les montagnes du Jura, avec une économie centrée sur l’agriculture et l’exploitation des forêts. Mais c’est au XIXᵉ siècle que le village connaît une transformation majeure grâce à la révolution industrielle et, surtout, la construction des routes reliant le Jura au reste de la France. Le Plateau d’Hauteville et son Héritage Sanitaire : À la fin du XIXᵉ siècle, alors que la tuberculose faisait des ravages en Europe, le Plateau d’Hauteville-Lompnes s’impose comme un lieu stratégique pour les soins. La région, avec ses forêts denses et son air pur, devient un centre de soins majeur, notamment avec la création des premiers sanatoriums. Hauteville-Lompnes se distingue rapidement par sa capacité à accueillir les malades dans un cadre naturel, loin de la pollution des grandes villes, et son climat froid et sec est idéal pour les traitements de la tuberculose.

Épisode 12 : Les Gorges de l’Albarine : Un Chef-d’œuvre Naturel du Jura

Les Gorges de l’Albarine sont un site impressionnant et unique situé dans la vallée de l’Albarine, à proximité de Nantua, dans le département de l’Ain. Cette formation géologique exceptionnelle a été sculptée par la rivière Albarine au fil des millénaires. Ce lieu est un véritable musée naturel, où chaque recoin raconte l’histoire de la nature.

La géologie du site est fascinante :
• Falaises calcaires abruptes : Les parois des gorges, qui peuvent atteindre 100 mètres de hauteur, sont formées de calcaires jurassiques. L’eau de l’Albarine, venant du Plateau du Retord, a rongé ces couches calcaires, créant des gorges étroites et sinueuses, parfaites pour les amateurs de paysages sauvages et spectaculaires.
• Vallée encaissée et canyons : Ce passage naturel, étroit et profondément encaissé, forme des gorges caractéristiques avec des curves serrées, des virages spectaculaires, et parfois des cascades qui dévalent les pentes. C’est un des seuls endroits dans le Jura où l’on peut observer ce genre de paysage.
• Gouffres et cavités : Le site est aussi marqué par des gouffres et des cavités souterraines, typiques de la géologie karstique de la région. Des phénomènes d’érosion karstique, tels que les doline (petits dépressions), peuvent être observés tout au long du parcours.


Fiche

Descriptif :

GPX : Cyclomontagnarde du Haut-Bugey 2025
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Ain
Départ : Oyonnax (01100)
Difficulté : Haute
Distance : 223km / D+ : 4700m
Durée : 10h48
Sport : Cyclisme Route

2025
06.03

Cap Nord pour les couleurs de la Squadra !

Bonne route Joëlle, bonne route Gilles, faites bon voyage !
Et faites nous rêver, avec votre POLARSTEP !!!

 

Le cap Nord aller-retour à vélo
pour ce couple de sportifs sexagénaires…

Ils ont choisi l’aventure et la rencontre. Un couple de Foréziens, installé à Salt-en-Donzy, s’apprête à parcourir près de 8 000 km à vélo, jusqu’au cap Nord en Norvège, avant de revenir par un autre itinéraire. Une expédition humaine et sportive, en complète autonomie, portée par le goût de la liberté et de l’échange.
Joëlle et Gilles respectivement 66 et 64 ans, tous deux jeunes retraités, ne sont pas novices en matière de voyages à vélo. Après un périple jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle l’an dernier, les voilà prêts à rallier le point le plus au nord de l’Europe. Leur départ est fixé début juin.
Leur objectif, 4 000 km à l’aller, avec 25 000 mètres de dénivelé, sans assistance ni véhicule suiveur. Chaque soir, ils espèrent planter la tente, dormir chez l’habitant ou s’appuyer sur le réseau solidaire Warmshowers, qui met en relation des cyclotouristes et des hébergeurs bénévoles. « La vie est chère dans les pays nordiques, l’autonomie est essentielle », souligne Gilles.
Leur équipement a été minutieusement préparé, leurs vélos gravel sont robustes, sacoches allégées, tente trois places, réchaud, outils, trousse de pharmacie, GPS chargé. « Le vélo, ce sont les mollets qui tournent, pas un moteur », insiste Joëlle. Les vélos pèsent 35 kg une fois chargés, un détail qui change tout dans les côtes.
« Si on réfléchit trop, on ne part pas »
Le duo sait que la météo capricieuse du Nord fera partie de l’aventure. « On appréhende un peu, mais si on commence à trop réfléchir, on ne part pas. » Souligne Gilles Duffay. « Si c’est une petite pluie, il faut continuer à rouler, à force de faire mauvais, il va finir par faire beau », explique Joëlle avec philosophie.
Un gros entraînement… Côté préparation physique, le couple s’est entraîné sérieusement, sorties de 200 à 300 km, jusqu’à 3 500 m de dénivelé. « Le secret, c’est de manger avant d’avoir faim, boire avant d’avoir soif », confient-ils. Le parcours, tracé sur Open Runner, a été modifié pour passer par Stockholm, au prix d’un détour de 200 km. Ils tablent sur une moyenne de 100 km par jour, sans date de retour précise.
Et ne leur parlez pas de folie pour cette aventure. « La folie, c’est de rester sans rien faire ! Ce n’est pas une course, c’est une aventure humaine. Ce qui nous motive, c’est la rencontre avec les gens », résume Gilles.
2025
06.01

Super-randonnée du Baridür


Résumé

#CommeUnLego… 

 

« À l’avenir, laisse venir,
laisse le vent du soir décider… »

Il paraît que Baridür veut dire « randonnée en montagne » en alsacien. Et c’est le nom qu’a choisi Sophie Matter pour nommer la Super Randonnée Audax du massif Vosgien auquel je participerai ce week-end de l’ascension, mais seulement en formule touriste. La « randonneur » octroyant un délai de 60heures (2.5jours) bien trop court pour des vacances… Les paysages et le tracé s’annonçant grandiose (675km, 14700m de D+, une quarantaine de cols), je le réaliserai en 4 journées pleines articulées autour de 3 villes étapes : Giromagny, Orbey, Saverne. Les étapes feront ainsi toutes moins de 180km, ce qui permettra de dormir le matin et d’arriver pas trop tard aux hébergements réservés il faut le dire à la dernière minute.

Le départ « normal » se fait depuis Cernay mais j’ai choisi Giromagny pour sa proximité toute relative puisque la ville est située à l’extrême sud du Massif Vosgiens. Départ à 9heures sous la haute église après 4 heures d’autoroutes un brin longuettes. Et durant laquelle j’ai traversé des averses peu rassurantes sur la tentative. Heureusement, si le ciel restait couvert avec des températures fraîches à Giromagny, il ne pleuvait pas et cela devrait tenir la journée…

Le tracé débute ainsi par le Ballon de Servance, puis la route des Forts, de petites routes qui me mettent instantanément dans le bain et me rappellent la très belle cyclo des 3 Ballons… Je progresse à rythme prudent dans un magnifique décor où les forêts sont légions, clairsemées ici et là de quelques taillis de Genets à l’odeur si enivrante… Dommartin-lès-Remiremont, que je parcours long en large mais en vain à la recherche d’un ravitaillement… Le petit Col de Chenau, presque raté tellement il est discret à la sortie de la ville, m’a enchanté. Le suivre m’a conduit à Vagney où j’ai pu trouver cette boulangerie dont je commençais à avoir réellement besoin. Assis sur un banc, au pied d’un grand arbre et d’une haute église. Le ciel semblait maintenant vouloir se lever…

Pour atteindre la prochaine ville Cornimont, il faudra d’abord grimper le joli Col de la Croix des Moinats. Et cela tombe bien, grimper, je suis venu pour ça et sur ce plan, la trace ne me décevrait pas !!! Car à peine Cornimont franchi, j’entamais déjà le col du Bockloch puis celui de la Vierge où j’ai passé un beau moment. Je retrouvais ici l’amour des beaux tracés, reconnaissables à ces itinéraires qui font part belle aux routes que l’on nomme forestière comme on dit de certaine crème qu’elles sont pâtissières… Ce n’est certes pas la pente ici qui fait la difficulté, mais bien le coté rugueux d’un revêtement qui progresse approximatif dans une épaisse forêt…

La route s’autorise à redescendre un peu, jusqu’au col de Bramont avant de remonter d’un coup via « la route des crêtes » qui sillonne la réserve naturelle de la tourbière de Machais… Et encore une fois c’est très beau. Et encore une fois je me régale. Et encore plus lorsque je découvre après quelques lacets bien pentus une construction qui fourmille de milles gens. Le Hohneck, sous ce ciel bleu parsemé de jolis nuages voyageurs. Un panorama, laissant quelques traces d’une neige accumulée dans les crevasses les plus à l’ombre…

Je reprenais ma route, une descente dangereuse, puis l’ascension difficile à cet instant du jour du col de la Schlucht… C’est le début d’une nouvelle route de crêtes, croisant des lacs comme le lac vert, son col, à 1225 mètres d’altitude tout de même… Poursuivre. Jusqu’au col du Calvaire où je bascule dans une descente apparemment trop rapide pour ma roue libre et qui me conduit à Orbey où une chambre est réservée au VVF. Il est 18h30. Je vais pouvoir m’y poser un petit instant avant de rejoindre à pied le Kebab « le Dido » que je recommande chaudement : pour la qualité de la nourriture et aussi le cadre très sympa pour ce genre d’établissement.

La chambre offre une literie moelleuse et je m’endors rapidement et profondément. Réveillé seulement au petit matin par le chant joyeux des oiseaux…

 


« C’est un grand terrain de nulle part,
avec de belles poignées d’argent… »

Deuxième étape, après un petit-déjeuner copieux à cette bonne adresse qu’est ce VVF. Avec dès les premiers tours, le constat que la chaleur aujourd’hui sera de la partie. Je remonte tranquillement le col du Calvaire à la cime duquel je retrouve la trace du Baridür. Avec deux cols faciles puisque franchis en descente, le Louschbach et le Bonhomme… Idem avec encore deux cols, celui du Pré-de-raves puis des Bagenelles…. La route plonge ensuite dans une longue descente vers Sainte-Marie-aux-Mines où je reste attentif à cette roue libre qui, certainement en fin de vie, gratte dès que la vitesse devient trop importante…

La sortie de la ville se fait par le col de Sainte-Marie que j’aborde en compagnie d’un groupe d’Allemands assez bavards. Tous vêtus du maillot de leur club, leur rythme me convenant parfaitement et, bien que ne partageant pas la langue, un moment que je suis bien heureux de pouvoir partager. Sur ces routes tranquilles des Vosges, ce sera d’ailleurs la seule fois…

Neuvillers-sur-Fave est un beau village, dans lequel on peut trouver de l’eau bien fraîche dans le petit cimetière juste derrière l’église. La trace va bientôt changer de caractère, s’affranchissant des directions pour filer à travers champs… Avec le col des Raids d’abord, via l’incroyable route forestière du Paradis… Un ruban de bitume onctueux sillonnant à l’ombre des arbres, et qui, bien que relativement avare en point de vue, est un délice dont je savoure chaque arpent…

Nous retrouvons ensuite une départementale plus large, la D32, et bien sûr un nouveau col, celui du Las, triste comme son altitude d’à peine 701m. C’est bien ce que j’avais constaté la veille en consultant le profil, une étape relativement accessible au vu du reste du parcours (seulement 3000m de D+ en cumulé), mais très casse-pattes avec des montées/descentes incessantes…

Il était 13 heures passé, et je trouvais à Saales un distributeur automatique de pizza caché sous des échafaudages… Passer dessous, je commençais à avoir faim !

A l’heure de la digestion, la route remonte très vite vers le col de Hantz qui, s’il n’a sur le papier rien de difficile, se révèle tout de même éprouvant avec ces températures assez exceptionnelles pour l’époque (plus de 30°C). Surtout, nous n’y sommes pas encore habitués, ce sera différent dans un mois…

Vient ensuite une belle route donnant accès au col de Prayé puis à celui de l’Engin. M’enfonçant dans la forêt domaniale des bois sauvages, tout était dans le titre !

Longue descente, nichée entre la forêt domaniale de Saint Quirin à ma gauche et d’Abreschviller à ma droite. Un endroit doux et sauvage, qui longe la belle rivière de la Sarre Rouge…

A droite au carrefour avant Abreschviller, prendre une route étroite via deux nouveaux cols aux noms bien d’ici : le Brechpunkt puis le Peugstein… L’orientation de la vallée et son profil encaissé assurait une ombre plutôt bienvenue… Que j’allongeais assis dans l’herbe au pied d’une étrange maison à la cheminée penchée…

Col du Hohwalsch dépassé en descente toujours par de belles routes forestières qui faisaient mon bonheur depuis le petit matin… Si cette portion du Baridür n’est certainement pas la plus complexe, elle constitue l’un des moments forts du parcours, si tant est qu’on aime aller seul au beau milieu d’endroits très sauvages…

Lutzelbourg, les ruines de son château qui surveille le canal « de la Marne au Rhin » le long duquel je chemine depuis déjà un moment. La lumière particulière d’une fin d’après-midi ensoleillé… Le seul « plat » du parcours et un interlude savouré jusqu’à Saverne où un hôtel est réservé…

Arrivé tôt grâce à cette étape de longueur correcte, je profite de la soirée pour visiter à pied Saverne que je ne connaissais pas et qui m’a beaucoup plu. Le nom de son château « des Rohan » évoquant pour moi celui de Pontivy déjà croisé deux fois lors du Paris-Brest-Paris. A voir aussi, ses maisons à colombages parfaitement entretenues, ses canaux, ses nombreux bateaux…

 


« Pommes d’or, pêches de diamant,
des cerises qui rosissaient ou grossissaient… »

La troisième étape est le tournant de l’aventure puisque m’orientant jusqu’ici plein Nord j’allais y effectué un virage à 180° pour regarder le Sud. Laissant l’Ouest reculé du massif, pour son coté Est beaucoup plus accueillant… mais beaucoup plus escarpé aussi puisque ces deux dernières étapes excéderont les 4000m de dénivelé positif…

Le début d’étape s’effectue ainsi par la belle ascension du col des Pandours, qui se révèle une nouvelle fois être une route forestière absolument fabuleuse. Accompagné du chant de milles oiseaux, cette montée fut ainsi assez facile…

Le point d’orgue de la journée sera le contrôle à la nécropole de Grendelbruch atteint par « la route du souvenir français », une pépite qui offre de belles perspectives sur le village et les chaumes du Hohbuhl. Et s’il est très probablement possible de la rejoindre sans trop se faire mal, Sophie avait d’autres plans pour nous, sûrement sa (haute-)estime des cyclistes s’alignant sur ses aventures…. Elle avait donc placé sous nos roues le raidard infernal de Mulhbach… 3km réguliers à 12%, presque tout droit. A cours de braquets, il ne fallait ici certainement pas s’affoler.

Je mangeais sur la table dressé à l’extérieur de la nécropole, qui rassemble les corps des soldats morts pour la France lors des combats qui se déroulèrent au cours de l’été 1914 dans la vallée de la Bruche et de Muckenbach… Une page sombre de l’histoire, qui dans cette région frontalière particulièrement marquée par les deux guerres, se rappelaient souvent par ses cimetières, ses mémoriales, ses plaques apposées en l’honneur des héros tombés au front..

Je retrouvais bientôt la longue montée du Champ-du-Feu que je n’avais pas oubliée non plus. Peut-être parce qu’elle constitue l’un des actes fondateurs de mon humble carrière cycliste… C’était avant la création du site, en 2007 ou 2008, je ne sais plus très bien… Je me souviens cependant qu’alors étudiant à l’INSA de Strasbourg, j’étais parti sur ce vieux VTT rouge récupéré dans la déchetterie où je bossais durant l’été… Avec l’idée de m’aventurer dans ces Vosges qui de la capitale alsacienne paraissaient si lointaines… Une journée incroyable où j’avais pu suivre les pistes cyclables qui lient Strasbourg à Molsheim pour m’enfoncer ensuite dans le massif jusqu’à Schirmeck où l’ascension du Champ-du-Feu débute… Puis, après un crochet par le Mont-Saint-Odile, j’avais retrouvé la plaine à Obernai cette grande plaine qui entoure Strasbourg… Près de 180km sur un VTT en acier bon à jeter et ne valant pas 50€… Un équipement modeste qui renforçait cette sensation grisante d’avoir fait « un truc », et qu’à partir de là, tout devenait possible…

Le Champ-du-Feu propose une vision de montagnes moyennes commune à ce que nous pouvons connaître chez nous dans le Forez, le Pilat ou encore à certains endroits de la Haute-Loire… Mais si ce sont des paysages dont j’ai l’habitude et dans lesquels je me sens bien, je suis tout de même surpris par la quantité d’insectes que je percute, que je collecte… Certainement le signe d’un écosystème beaucoup plus sain que celui de la Loire, où l’agriculture représente une part importante des surfaces disponibles…

La route continue encore, vers le Climont puis le col d’Urbeis… C’est un dessert, que dis-je, un café gourmand… Voici Fouchy où, derrière l’épingle, je découvre un col du même nom et dont j’apprécie particulièrement l’ascension, avec ses lacets, jamais faciles mais tellement grisants…

Lièpvre où je vais enfin pouvoir me ravitailler ! Au Carrefour-Express dans lequel j’achète l’eau pétillante et les salades qui sont adaptées à cette journée presque caniculaire… et qui deviendra bientôt orageuse…

Pas assez vite tout de même pour me priver après une ascension très régulière de la vue imprenable offerte par le château du Haut-Koenigsbourg. Même si, sevré de voitures trois jours durant, j’aurais souhaité le découvrir un peu moins fréquenté… Et si ce site grandiose est est la vitrine d’une certaine Alsace, il évoque également mon week-end d’intégration à l’INSA de Strasbourg, que je ne pourrais pourtant pas qualifier de mémorable puisque j’en ai oublié une bonne partie…

Mais le ciel s’assombrissait à vue d’œil et à Thannenkirch ce fut l’explosion… Ayant tout juste eu le temps de m’abriter sous le proche d’une maison pour plier au sec tout ce qui dans mon entreprise était vital : carte bleue, papiers d’identité, téléphone… Le reste pourrait bien sécher après ce déluge qui s’abattit après plusieurs coup de semonce… Inutile pourtant d’attendre, les prévisions météo étaient mauvaises pour deux heures au moins, il fallait repartir… Sous un déluge et dans l’orage, en croisant les doigts pour que la pluie ne tourne pas à la grêle… Ne pas y penser…

Bergheim, Ribeauvillé… Rien que de l’eau qui descend du ciel et qui remonte du sol… Les chaussures remplies à raz-bord et le maillot détrempé malgré ce k-way enfilé un peu par dépit… Hunawihr, une courte éclaircie entre deux fronts orageux me permet de profiter un peu des paysages fabuleux de la route des vins, de ce village inoubliable qu’est Riquewihr. C’était les 4 et 5 septembre 2010. Nous étions partis faire la route des vins avec des copains, depuis Molsheim, et jusqu’à Bernwiller, en faisant étape à Colmar…

Et puis, les choses se corsent dès la sortie d’Hunawihr avec un gros pétard placé au milieu des vignes. A peine le temps de souffler et nous voilà bifurquant pour la montée du Saint Alexis. Un col pas très connu mais dont le début n’a rien à envier au Petit Ballon que nous retrouverons plus tard : même type de petite route, pourcentages similaires. Mais un cadre encore plus champêtre (dans le très beau Pays Welche)… Et le déluge qui éclate à nouveau, avec ses éclairs qui zèbrent le ciel sous le roulement sourd du tonnerre… Seul perdu dans cette forêt sans aucuns abris, partagé à cet instant moitié-moitié entre le bonheur de n’avoir amené personne dans cette galère et la peur de disparaître d’un coup sous un trait de lumière foudroyant…

Lapoutroie… A court de jus et tandis que je croyais en avoir fini, je n’avais pas vu sur le profil écrasé par les Ballons le col de Bermont qui, si d’altitude modeste (646m), présente tout de même de sacrés rampes… Les derniers efforts…

Orbey, enfin, le même VVF que celui où j’avais dormi deux jours plus tôt… Tout ceci m’avait grandement retardé et j’arrivais alors que la caisse venait de fermer. La réception deux fois m’avait appelé. Je n’avais pas décroché. Et je trouvais ma clé, dans une enveloppe portant mon nom posée sur le comptoir… Restait une obsession, celle de trouver à manger, et vite… « Le Dido » était ouvert, l’adresse toujours très très correcte. Un kebab, une bière, et beaucoup de frites !

 


« Des kilomètres de vie en rose… »

La dernière étape était attendue comme l’apothéose. Car si le final de la veille s’était avéré éprouvant, ce dernier jour du week-end de l’Ascension promettait du beau. Ni trop chaud, ni trop venté. Surtout, sans la moindre petite goutte…

C’était aussi l’étape des Ballons. Mais pourquoi Ballons ? J’ai pu lire ici et là que ce n’était pas dû à la forme arrondie qu’ils n’ont pas… Mais bien à leur position très particulière et remarqué dès l’Antiquité…

Ainsi, du Grand Ballon qui est le plus haut, on pourra observé les alignements remarquables suivants…
– au solstice d’été (21 juin), le lever du soleil est aligné avec le Petit Ballon ;
– aux équinoxes (printemps vers le 20 mars et automne vers le 22 septembre), le lever du soleil est aligné avec le Belchen allemand ;
– au solstice d’hiver (21 décembre), le lever du soleil est aligné avec le Belchen suisse.

L’écoulement du temps mesuré à l’aune de la topographie…

Un temps plus concentré me concernait puisque se mesurant seulement à la journée.. Commencement par le versant de l’histoire avec les cols du Wettstein (cimetière militaire) et du Linge (mémorial témoignant de la guerre de tranchée durant la première guerre mondiale)… Et parce que le vélo c’est comme la vie c’est à dire fait de hauts et de bas, à vive allure je filais dans l’incroyable descente du Hohrod…

Munster. Quelques mètres à peine en terrain plat, et puis Luttenbach et son panneau indiquant le début du col du petit ballon. 1km d’abord à 9% de moyenne ! Je croyais qu’il y en aurait un comme ça. Mais il y en avait plusieurs… Les débuts furent difficiles mais comme toujours en montagne je prenais assez rapidement mon rythme… Dans ce beau col qui n’a certainement de petit que le nom. Et si c’était seulement une manière de le rendre plus attachant ? Avec aussi ce souvenir de l’avoir vu choisi par les fans du coureur au grand cœur pour lui dire au-revoir. En rang serré dans le virage, acclamant un champion hors-norme fendant la foule. C’était au TDF-2023, et je garde encore aujourd’hui de grands frissons de ce moment unique vécu devant mon poste…

« ALLEZ THIBAUT ! ALLEZ MON GRAND !
T’ES GRAND AUJOURD’HUI !

Après un début d’ascension joliment boisé, il y a ce changement de biotope propre aux paysages de montagnes. La forêt disparaît, et c’est de l’herbe à la couleur un peu particulière qui vous enveloppe… De celle d’ici naît le Munster, un fromage à pâte molle dont je ne raffole pas… En danseuse depuis le virage Pinot, je dépasse la ferme-auberge « Kahlenwasen » où une maman tient sa fillette assise sur la rambarde qui lui offre un panorama incroyable… Et le son « vélo » jaillit de ce petit être me redonnant instantanément un courage incroyable, qui durera jusqu’au sommet du col ! Là-haut, assis au pied d’une pierre portant la mention « Petit-Ballon », je fais le compte de tout ce qui a déjà été fait. Et aussi, de ce qu’il reste à faire…

Car juste après la fin de la dangereuse descente du Petit-Ballon, il faudra grimper à nouveau… Un col dont le patronyme fait frémir : « le Platzerwasel ». Une route au macadam très lisse et qui monte en pente raide mais régulière à travers une forêt assez dense pour se protéger du soleil. Venant du Petit-Ballon, un col où il me fallut tout de même batailler… Et jusqu’au bout puisque son final est aussi particulièrement raide !!!

Ceci-dit, le col débouche sur un plateau à 1200m de D+ environ et qui offre de bien belles vues sur les Vosges véritables. Un doux spectacle de montagnes qui en ont vues d’autres… Il n’y a avait alors plus qu’à laisser rouler jusqu’au Markstein où je commettrais une erreur de trace, la seule du parcours. Ratant la route des crêtes qui devait me mener au Grand-Ballon pour redescendre sur Guebwiller et Soultz-Haut-Rhin… Un bon détour et je m’en veux, car le Grand-Ballon, c’était normalement lui le point culminant du parcours. Et l’un des meilleurs souvenirs de la route des vins que nous avions partagé 15 ans plus tôt avec les copains.. Mais une erreur qui eut au moins pour mérite de permettre un nouveau ravitaillement.

Sage précaution avant d’aborder le col Amic par une jolie route en lacet et panneauté tout son long du « col du Grand-Ballon ». Arrivé au sommet, c’est un sacré détour que j’aurais fait quant on sait qu’une petite 15aine de kilomètres seulement séparent le Markstein du col Amic…. Mais quand on aime, on ne compte pas…

Cernay brûlait sous le soleil et je cherchais vainement un point d’eau que je ne trouverais qu’un peu plus loin, à Thann. De quoi aborder le Hundsrück dans de bonnes conditions… Un joli col, qui, après le petit passage à vide vécu dans la plaine me remettait dans le bon sens… Celui de la grimpe !

Énième descente qui me conduit à Masevaux-Niederbrück. Une descente largement effectuée en roue libre, un vrai plaisir…

Nous voici maintenant dans la vallée de la Doller, et la trace choisit une piste cyclable à l’écart des voitures où je double plusieurs cyclistes du genre touristes… Un salut rendu à chaque dépassement, une habitude dans le milieu cycliste qui se perd peu à peu malheureusement avec la fausse sociabilité des réseaux…

Sewen marque l’entame du ballon d’Alsace, spectaculaire avec ses « S » bordés de murets crénelés dans les alentours du lac d’Alfeld. Le Ballon d’Alsace par ce versant est long et d’un genre pentu. Mais il condense tout ce que je préfère. Une route sinueuse parfois raide mais régulière. Ombragée mais avec par endroit de belles trouées sur la vallée qui s’éloigne rapidement en contrebas… Un mouton tête dans le fossé, une chèvre regardant volontaire cette route qui s’élève… Une dizaine de kilomètres parcourus à la petite moyenne de 11 kilomètres par heure. C’est un fait, après plus de 650kilomètres pour presque 15000 mètres de D+ en quatre jour, il ne reste plus bien grand chose dans les chaussettes…

Voici le Ballon d’Alsace, et le souvenir indélébile d’une ascension lors de l’itinérance effectuée il y a sept ans en souvenir de mon grand-père… Alors parti de Belfort, j’avais grimpé le Ballon depuis Giromagny. Un Ballon que je vais maintenant redescendre pas la même route. Avec la satisfaction immense d’avoir su boucler une Super-Randonnée qui sur le papier n’était pas gagnée.

Giromagny. Il est 18heures et il est temps d’envoyer quelques messages pour rassurer mes proches. Oui, tout c’est bien passé. Oui, les Vosges sont magnifiques, et surtout quand ont les parcours de cette manière. Non, je ne suis pas exténué. Et oui, il me reste encore de la route à faire pour rentrer. Pas loin de 5 heures pour être précis. La route. Un endroit où je passe quand même beaucoup de temps… Mais les paysages changeant qui l’entourent ne sont ils pas les rêves qui égayent nos innombrables nuits 😉 … ?

 

oui… mais sur le dos …


Fiche

 

Descriptif :

GPX : #CommeUnLego (alias SR Baridür) – 4j 
Pays : France
Région : Franche-Comté
Dépt : Territoire de Belfort
Départ : Giromagny (90200)
Difficulté : Haute
Distance : 155+175+168+175=673km
D+ : 3585+2933+4100+4075=14 700m
Durée : 7h55 + 8h38 + 9h45 + 10h = 36h18 sur 4 jours
Sport : Cyclisme Route

2025
05.24

La Talaudieroise 2025

Encore une fois très finement tracée par le CTS. Quand à la Squadra VTT, au top, comme toujours !

2025
05.18

Les Dindes de l’Oeillon 2025 (OR)


Résumé

Il fut un temps jadis où les Dindes de l’Oeillon étaient un passage obligé. Et puis le lien s’est un peu rompu. En cause d’abord les brevets de 400 kilomètres (2018/2019/2023), du COVID (2020) mais aussi aux aventures locales et extra(di)vagantes (2024) ! Mais cette année, j’avais quartier libre. Et j’en ai donc profité.

Ce matin le ciel était clair et les températures plutôt fraîches… Mais la journée s’annonçait belle, sur cette épreuve où les Dindes s’éparpillent bien vite dans ce petit monde que l’on appel Pilat. Je prenais comme à mon habitude un départ prudent, la première Dinde de ces nouveaux parcours n’étant pas la plus facile. Col du Planil, Col de la Croix de Chaubouret, Col de l’Oeillon. J’aime !

La deuxième Dinde est plus simple, tout en relevant d’un charme certain. Par la vertigineuse descente des Scies tout d’abord que nous ré-emprunterons à la toute fin, du moins si tout va bien ! La Croix de Montvieux toute simple au milieu du reste puis cette longue montée par Soyère, qui, si j’en apprécie peu l’entame, se révèle pleinement une fois le premier virage à gauche accompli. Un beau morceau jusqu’au Collet, puis 5 kilomètres pentus encore versant Nord qui offre de beaux panoramas sur la vallée du Rhône et même les Alpes.

Troisième Dinde, remarquable puisque j’aurais la chance d’en parcourir un bout en compagnie de Marie, rencontrée ici même 8 ans plus tôt et qui m’a remis sur pied il y a tout juste un an. Marie qui eut la gentillesse d’adapter son rythme au mien dans le Planil ce qui nous a permis de discuter un peu. Puis je l’ai observé s’envoler irrémédiablement vers cet Oeillon solide que constitue ce troisième versant. Il y a des jours comme ça où l’on aimerait bien être un champion aussi…

La quatrième Dinde est courte. Mais révèle aussi quelques joyaux cachés. D’un coup, la route s’y fait moins large et se redresse. Au pied des grands troncs qui font cette ombre si appréciable. Cette boucle là est la plus belle de toute. Même si elle pique bien les jambes quand même !

Et voici déjà la cinquième Dinde. Celle que l’on doutait pouvoir attraper et qui vous tombe dans les bras, comme ça. Une boucle longue, débutant par la descente rapide de Soyère puis cette longue approche via Pélussin et Roisey. La route s’élève ensuite, douce, régulière, une dernière fois…

Au sommet, retrouver avec le sourire ces bénévoles qui ont passés leur journée ici, à nous encourager et à nous sustenter. Et comme il y a moins de monde, nous discutons un moment, de cette édition parfaitement réussie, des origines, du Paris-Brest aussi…

Les Dindes ont été créée sur le modèle des Cinglés du Ventoux fait comme les Dindes chaque année entre 2013 et 2017. C’est un défi local et sans risques, absolument parfait pour s’affûter et se rassurer avant moultes épreuves dont le nom fait frémir sans pourtant être vraiment plus dures… Car avec 5100m pour 204km, mieux vaut ne pas s’affoler 😉 !!!

Une journée parfaite pour le défi dindesque des Monts Pilat

Des cols des cols et une belle surprise en guise d’interlude

Alors je vous dis à bientôt, car vous me régalerez toujours


Parcours

Ces nouvelles Dindes sont une réussite. La montée 4 en particulier qui amène un petit coté fraîcheur à l’épreuve en s’autorisant une petite incartade sur le réseau des routes oubliées… !

Descriptif :SAMSUNG DIGITAL CAMERA

GPX : #DindesDeL’Oeillon
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Ville de départ : Saint Paul en Jarez (42740)
Difficulté : Haute
Distance : 204km / Dénivelé : 5100 m
Durée : 10 heures 15
Sport : Cyclisme Route

Les Dindes ?

Les Dindes, doux euphémisme de Dingues, sont des Cyclos qui, non content d’avoir réalisé l’ascension de l’Oeillon, désirent y retourner plusieurs fois dans la même journée.

La Dinde de l’Oeillon est donc par certain aspect, un cousin du Cinglé du Ventoux, ou encore du Fêlé du Grand Colombier.

Bien que rare (une trentaine par an seulement arrive à maturité), leur population tend à croître et le comportement de certains spécimens n’y est certainement pas étranger…

Mais tandis que certaines Dindes apprennent, les autres persévèrent !
D’autres encore, le deviennent…

Or = 5 Oeillon / Argent = 4 Oeillon / Bronze = 3 Oeillon / Chocolat = 2 Oeillon.

 

2025
05.09

L’Ardéchoise du frangin ⭐


Résumé

Voici donc la première « Itinérance » partagée avec le frangin. Bien sûr, nous avons déjà roulé milles fois ensemble et chaque fois pour notre plus grand bonheur. Mais jamais nous n’étions partis droit devant pour une aventure sur plusieurs jours. Il fallait donc commencer par un challenge accessible, qui laisse empreinte heureuse pour donner, du moins je l’espère, l’envie de recommencer très vite… 😉

Le parcours avait été trouvé. Il s’agissait de l’Ardéchoise, épreuve mythique organisée depuis des décennies dans le département voisin. Mais quelque chose n’allait pas. Le déséquilibre trop prononcé entre un début roulant et une fin ardue lorsque l’on s’élançait de Saint Félicien. Et puis il fallait bien considérer aussi la difficulté à trouver des hébergements vers la Barricaude ou sur les plateaux.

Mais comme toujours, il y avait une solution… Partir de Lalouvesc plutôt que de Saint-Félicien et inverser la trace. Ainsi, nous débuterions par les faciles montées de Rochepaule et du col de Clavière pour ensuite poursuivre par la belle vallée de l’Eyrieux. Atteignant Saint Martial à mi-parcours, nous pourrions manger. Et finir, refait, l’interminable mais très agréable montée du Mont Gerbier-de-Jonc. Ne resterait alors qu’à traverser ces hauts plateaux dont le caractère sauvage serait exacerber par un ciel lourd et menaçant. Tandis qu’un chien effilé comme un loup saute soudain sur la route pour nous accompagner un moment…

Mon frère roulait bien et progressait efficace dans cette région qu’il découvrait. Relevant d’un geste ces maisons immenses mais closes construites bien à l’écart. De mon coté, je profitais sereinement du moment. Le planning chargé de ces dernières semaines m’ayant laissé un peu exsangue, mais la joie du partage se révélant comme toujours le meilleur carburant qui soit. Je n’étais pas inquiet. Bientôt nous plongerions dans cette longue descente un peu piégeuse qui nous mènerait jusqu’à Burzet. Puis nous grimperions le col de Moucheyre, sous le suc de L’Ubac. La route y serait belle comme un sillon de verdure entrecoupé de ponts successifs. Puis, une fois le sommet atteint, ne resterait qu’une douce plongée vers cette Ardèche moins austère que celle des hauts plateaux…

La ville thermale et historique de Vals-les-Bains marquerait alors le terme d’une journée pas comme les autres. Nous y dormirions au grand hôtel de l’Europe, mais non sans avoir visiter auparavant la cité et profité ensemble d’un précieux dîner. La chose devenue si naturelle au fil des années marquerait bien sûr mon frangin, comme mes premières aventures de la sorte m’avaient marqué. Car il y a dans cette manière de se déplacer quelques choses de sublime, et qui vous rend plus fort quand tout ne va pas bien. Peut-être parce que l’on redécouvre qu’il ne faut pas avoir beaucoup pour être heureux. Un semblant de forme, l’esquisse d’un vagabondage dans une belle contrée. Inutile d’en faire davantage, seulement se laisser porter… tout en s’octroyant le temps d’en profiter. Merci mon frère 🙂 !

Le deuxième jour est différent. Car il n’est pas seulement la continuité de ce qui a déjà été fait, il est aussi un renouveau. Au cours duquel on se rend assez rapidement compte qu’à vélo, les étapes s’enchaînent avec une difficulté pas nécessairement croissante. Ceci s’explique par la capacité d’adaptation que nous avons. Et le caractère docile et respectueux de ce mode de déplacement. Cependant, quelques pièges sont à éviter. Et le premier d’entre eux serait de ne pas se ravitailler correctement. Ce matin, agréablement cueillis par le soleil qui nous a tant manqué hier, nous commençons l’étape à la boulangerie du coin…

L’étape du jour emprunte le col du Mézilhac, dont l’approche révèle les gorges pierreuses longeant la Volane. Mon frère est en forme, et roulant dans sa roue j’attrape au vol une photo de lui et d’Antraigues-sur-Volane, dont l’harmonie parfaite embellit la vallée. Cela restera pour moi la photo de notre virée. Le col est long, et il faut gérer ce que mon frère l’expérience aidant fait de mieux en mieux. Laviolle, une épingle et encore 10 kilomètres à gravir pour atteindre le sommet du col, à près de 1100m d’altitude tout de même.

Cet autre versant présente un temps un peu changé. Le ciel parfaitement bleu s’étant peu à peu couvert et, montrant par endroit, des signes annonciateurs de pluie. Nous ne traînons donc pas, filant dans la descente où la fraîcheur se fait mordante… Mais voici le Cheylard, ses cyclos en nombre, et ses boulangeries offrant un peu de réconfort. Une pizza, une brioche aux pralines… Et nous repartons déjà, en direction de Lamastre et d’une ascension que nous avions un peu sous-estimé. Car si le profil Openrunner mettait le Mézilhac en valeur, c’est bien ce col de Nozières, pentu du pied jusqu’au sommet qui nous ferait souffrir.. Mais la route y retrouvait aussi le caractère sauvage que nous aimons tant. Ses odeurs de genets qui vous enveloppent. Ses vues ouvertes, sur des vallons qui au loin se fondent dans l’horizon…

Nozières, enfin, et alors même que les premières gouttes font leur apparition… Nous nous arrêtons à l’abri sur le parvis de l’église. Tirant de nos sacs les sandwichs achetés le matin même pour une pause bien méritée… Je consultais mon compteur. 78 kilomètres, il nous en restait donc 30 à tout cassé. Je consultais mon frère qui, s’il commençait à accuser une certaine fatigue, validait la suite du programme. Oui, nous aurions pu couper directement pas le col du Buisson. Mais les journées comme celle que nous vivions sont si exceptionnelles qu’elles méritent bien d’être menées au bout. Nous allons donc redescendre vers Saint Félicien, par une voie communale et très belle. Puis, effectuant un quasi demi-tour, nous grimperons le Buisson par Pailharès que les amateurs de l’Ardéchoise connaissent bien. Il suffirait alors de rejoindre Lalouvesc, par la route des crêtes qui offre ces panoramas que l’on n’oublie pas (la dernière fois, c’était avec Nicolas, au retour de Pâques en Provence)…

Lalouvesc ! Voilà ! Cédric et moi venons de boucler Notre Ardéchoise. Une première itinérance pour lui qui, j’en suis sûr, le marquera comme j’ai pu l’être par ma première Ardéchoise sur deux jours. Et je suis un peu fier j’avoue. De voir mon frère réussir avec la manière le défi que nous nous étions lancé. Avec en plus le bonheur d’avoir pu partager avec lui deux superbes journées, sans autres barrières que cette distance sécuritaire qu’exige nos escapades cyclopédiques 😉 …


Fiche

 

Descriptif :

GPX : Ardechoise-2J-OFF (Lalouvesc/Vals-les-Bains)
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Ardèche
Départ : Lalouvesc (07520)
Difficulté : Moyenne
Distance : 117+110=227km / D+ : 2023+2251=4274m
Durée : 5h40 + 6h11
Sport : Cyclisme Route

2025
05.03

#Jura(SIC)Bike


Résumé

L’idée de dernière minute était somme toute assez simple, mettre à profit ce beau week-end du premier mai pour découvrir le massif du Haut-Jura tout juste effleuré lors de la troisième journée d’#UnePinc&D&l&phant… Deux traces relativement accessibles parcourant l’essentiel du massif, même si les voies parallèles que j’imagine très belles mériteraient bien une nouvelle virée… 🙂

 

JOUR 1 : « Les Crêts et Piémonts, le Jura des Grands Monts » (Source)

Limité à l‘est par le lac Léman et le Rhône, et à l’ouest par les plateaux du Bugey, les Crêts et Piémonts s’étire du nord au sud. Il suit la ligne des crêts des monts Jura qui culmine à 1718 m d’altitude avec le Crêt de la Neige. Accroché aux plus hauts sommets du massif jurassien, ce territoire est tourné vers la Suisse sur un dénivelé de plus de 1 000 m. Riche de milieux d’une grande diversité offerts par l’étagement de la végétation de montagne, les paysages des crêts et piémonts du Jura se caractérisent par un cadre montagnard aux panoramas impressionnants, des cours d’eau sauvages et majestueux, des alpages où par temps clair les Alpes s’invitent, des villes et villages installés à l’affleurement des sources, des pentes boisées et des replats cultivés. En s’approchant de l’agglomération genevoise, ce pays s’urbanise et voit sa population augmenter fortement ces dernières années.

Les Grands Monts englobent une partie des crêtes jurassiennes dont le Crêt Pela, situé à 1495 mètres d’altitude qui est le sommet du département du Jura. Sur cette partie du Jura plissé, les monts sont plus larges que les vaux. Ils présentent un paysage typique de prés-bois où pâturent majoritairement des bovins. Les rivières et particulièrement la Bienne ont entaillé le territoire créant de profondes gorges parallèles aux plissements, accompagnées de cluses perpendiculaires aux vals. Malgré sa géographie isolée, le territoire accueille un bassin de vie important avec les villes de Saint Claude, Morbier et Les Rousses.

 


 

Au départ d’Oyonnax, pas le temps d’avoir froid, la route s’élève directement via la forêt d’Echallon où apparaissent les premières falaises de ce pays montagneux… Châtillon-en-Michaille, ici commence le beau col de la Menthières (1128m) qui, si il est régulier, n’en laisse pas moins sa part aux chiens… Un final par une route étroite se poursuivant dans une descente qui appel à la prudence. Chézery-Forens, une barre dégustée au pied de l’église avant d’aborder la longue mais non moins magnifique vallée de la Valserine. A deux pas du pays de Gex, les paysages ont changé. Plus hauts, plus sauvages, la Dôle sommet emblématique situé en Suisse à 1 677 mètres d’altitude et reconnaissable par la sphère blanche équipant la station de guidage aérien pour l’aéroport de Genève. Voici maintenant Prémanon où la Squadra avait pris ses quartiers quelques années auparavant. Un sandwich mangé assis à l’ombre. J’esquive la trace et la D25 pour m’engager sur une petite route d’apparence forestière mais qui très vite va devenir un joyeux réglisse. Longchaumois, un point d’eau sur la gauche de la route, enfin tant je commençais à subir une hydratation insuffisante. Nous aborderons bientôt une longue descente sur Saint Claude qui brûle d’une température assez exceptionnelle pour l’époque… Traverser rapidement la ville, pour aborder le long col de la Croix de la Serra (1049m) que je n’avais pas non plus. Viry, Arbent, le retour sur Oyonnax serait facile s’il n’y avait ce vent soufflant d’une moiteur annonciatrice d’orages…

 

JOUR 2 : « Les Grands Vaux et la montagne Plissée du Haut-Doubs »

Le territoire des Grands Vaux marque l’entrée sur le premier palier de la Haute-Chaîne du Jura et comporte des vallons relativement larges, les « grands vaux ». La ville de Saint-Laurent-en-Grandvaux fournit le plus bel exemple de ce type de relief. Les parties en contrebas des Grands Vaux accueillent lacs et tourbières qui constituent, encore aujourd’hui, des pôles de froids extrêmes lors des hivers rigoureux. Les monts couverts de forêt de hêtres et de sapins se creusent par endroit en des combes dédiées au pâturage.

La Montagne Plissée s’étage entre 950 m et le point culminant du département du Doubs, le Mont d’Or à 1460 m. Le paysage alterne entre monts, combes et vals. Les vals sont plutôt étroits et accueillent les villages et fermes mais aussi de grands lacs et des tourbières. Les monts larges et aplatis sont quand à eux traditionnellement utilisés comme pâtures d’alpage avec une prédominance des typiques pré-bois. Bien souvent les versants des monts sont occupés par des forêts d’épicéas (pessières) ou de hêtres et sapins (hêtraie-sapinière). La proximité avec la frontière suisse en fait un territoire très attractif dont la population est croissante.

 


 

Au départ de Moirans-en-Montagne… après une première journée aussi dense en dénivelé, il fallait bien adoucir un peu les choses pour préserver ce vélo plaisir que j’aime tant. Pour cela, remontons un peu plus au Nord, à Moirans connue aussi pour être la capitale du jouet en bois en France. De cet âge d’or, subsiste un musée, les plus belles voitures en bois comme la fameuse voiture Vilac qui a fait sa notoriété, les jeux de société Janod ou encore les fameux jeux de quilles, de bilboquet, de crécelles, le jeu de cubes de construction et autres favoris de notre enfance sont nés ici même, en plein cœur des montagnes jurassiennes… Et comme hier, il ne faudra guère attendre avant que le parcours ne prenne un peu de hauteur… Avec les cols des Crozatons (858m) puis de Nanchez (962m) ouvrant d’ailleurs sur une superbe Combe. Aux environs de Saint-Laurent-de-Vaux les routes se font plus larges et ramène à moi le souvenir de la cyclosportive « La vache qui rit » couru avec Alex et Matthieu, c’était en 2021 déjà !!! Foncine-le-Bas, Foncine-le-Haut, bien aidé par un fort vent de dos je file sur Mouthe où la neige a laissé place aux prairies de pissenlits. Cherchant le gîte des Liadets dont Nicolas m’a donné l’adresse, et que je trouve niché dans une clairière ouverte à la « lumière si particulière ». C’est ici que Nicolas, Fred, et les autres membres de la Sapaudia ont l’an passé vécu une partie de leur Défi. Le parcours bifurque ensuite vers le col de Landoz-Neuve (1260m) pour atteindre le lac de Joux et le Jura vaudois (et Suisse) où des oiseaux humains virevoltent au gré des fantaisies de leurs Wingfoils. Et le spectacle de ce ballet incessant est plaisant à l’heure d’un déjeuner pris sur une plage couverte de petits galets. La suite le sera un peu moins, après une bonne averse et un vent puissant freinant ma progression. J’atteins malgré tout le lac des Rousses, et sa boulangerie où je fais le plein d’une part de brownie. Une descente prudente vers Morez puis une montée bien trop circulée vers Morbier où j’abandonne la N5 pour une D26 plus agréable. Château-des-Prés, Chaux-des-Prés, Leschères, Pratz… Je retrouve bientôt Moirans-en-Montagne très satisfaits de cette double journée sans stress sur les belles terres Jurassiennes.


Fiche

 

Descriptif :

GPX : #LeJuraParPrémanon (rouge)  / #LesJouetsEnBois (bleu)
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Ain/Jura
Départ : Oyonnax/Moirans-en-Montagne (01100/39260)
Difficulté : Moyenne
Distance : 157+162=319km / D+ : 3191+2237=5428m
Durée : 7h23 + 7h09
Sport : Cyclisme Route

2025
04.26

BRM300-Feurs 2025


Résumé

Nouvelle édition du 300 de Feurs et une nouvelle variante de la boucle « par Vichy » mise au point cette année par Gilles qui, si elle présente bien quelques mètres de dénivelé en plus, est aussi beaucoup plus agréable et bucolique !

C’est ce qui ressort en tout cas des avis des 38 participants qui se sont élancés aujourd’hui. Dont 10 dans le groupe dont je faisais partie. Un bon groupe, avec les pointures de la région que sont Régis, Serge, Richard ou encore Philippe H. Mais tous ont toujours su garder cette spécificité des BRM, celle qui consiste d’abord à partager ensemble un petit bout de route… Ainsi, et bien que peu en jambes, j’ai pu m’accrocher dans les roues et profiter pleinement à cette belle journée de vélo.

Car si la trace jusqu’à Vichy faisait dans le connu, la suite allait beaucoup me plaire. Avec ce ravitaillement d’abord abrité à la source des Célestins à Vichy. Un bel édifice où nous ferons le plein d’une eau légèrement gazeuse et très salée… Puis le deuxième tiers jusqu’à la Clayette sillonne via de petites routes tellement plus agréables que l’ancien parcours…  Avec ses bocages, bien verts et parsemés de haies… Ses fleurs, ses vaches, ses oiseaux. Et l’absence quasi totale de voitures…

Devant, notre quatuor se relayait. A un rythme soutenu certes mais qui nous permettait tout de même de discuter derrière… Nicolas, Philippe, Marie-Claude, Jean-Paul et René-Pierre pour une bonne moitié formait le deuxième étage de la fusée…

La Clayette. Près de 200 kilomètres et tout le monde je crois sentait le besoin de se ravitailler. Ce sera chose faite, au bar très sympathiques que nous avions découvert l’an passé. Assis au soleil, nous y avons pris juste le temps qu’il faut.

Le dernier tiers était plus montagneux, mais aussi très beau. Avec la longue montée des Echarmeaux, puis des Ecorbans… Après cela, nous allions descendre jusqu’à Régny où les classards faisaient la fête. Quelques blagues, un coca sur lequel je misais pour me remettre d’un sérieux coup de mou. Repartir, traverser la fanfare, regarder passer le train. De l’autre coté de la voie, nous attend la difficile montée vers Saint Symphorien-de-Lay. Où Nico m’attend, tandis que les autres volent déjà loin devant.

Mais les inquiétudes se dissipent à mesure que nous nous approchons de Neulise… Derrière, une seule descente et quelques tours de roues dans la plaine… Puis nous aurons fini. Retrouvant au siège après 300 kilomètres toutes ces gentilles personnes venues donner un peu de leur temps pour accueillir toutes celles et ceux qui aujourd’hui auront vécu sur la route. Milles mercis à eux !

Merci à Christian aussi qui s’est levé tôt pour nous accompagner sur les premiers kilomètres de ce long parcours. Notre seul regret est que tu n’ai pu nous accompagner plus longtemps…

Merci à Daniel enfin. Qui d’où il nous regarde a dû apprécier ce BRM qu’il adorait et le clin d’œil bleu céleste que Philippe lui adressa…


Fiche

Descriptif :

GPX : #BRM300-Feurs
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Départ : Feurs (42110)
Difficulté : Moyenne
Distance : 310km / D+ : 3145m
Durée : 14 heures 27
Sport : Cyclisme Route
Homologation : n°_

2025
04.21

Pâques en Provence 2025 – « La Trilogie du Cuissard »


Résumé

Ce devait être initialement une Flèche. Un jeu qui se joue chaque année à Pâques, et qui consiste à rouler en équipe 24 heures durant sur un parcours de son choix et vers un lieu de rendez-vous situé en Provence… L’équipe devant comprendre 5 membres au maximum était constituée. Guillaume l’instigateur alias le Bon, Laurent des belles échappées alias le Truand et moi-même alias la Brute (pas très épaisse). Nicolas, le seul individu à peu près stable que le Far-West comptait avait, non sans avoir longuement analysé la trace, préféré passer son chemin…

Et comme le Bon, aussi distrait qu’il puisse être, avait « oublié » de nous inscrire, nous nous retrouvions le bec dans l’eau mais pas résigné pour autant. Cette trace, nous l’emprunterons tout de même mais à notre manière, dans un long ride débarrassé de toute vanité comme Vélocio jadis l’avait enseigné : « Ne jamais pédaler par amour-propre« , le 7-ième de ses commandements si inspirants.

L’atmosphère au départ était un peu inquiète. Un fort vent du Sud était annoncé et des averses pouvaient bien frapper le sud du département de l’Ardèche en fin de journée. Et bien que le parcours ait été judicieusement raccourci pour en tenir compte, il restait tout de même 230 kilomètres et près de 3600 mètres à couvrir jusqu’à Lagorce où une roulotte nous attendait. Car quitte à se la jouer gaucho, autant le faire à fond… Et cet habitat insolite devait prolonger l’ambiance d’une journée pas comme les autres…

Mais il nous faudrait avant de pouvoir laisser les montures se reposer un peu traverser une bonne partie d’un État nommé Ardèche… La pluie sur les talons, le vent dans la tronche. Les yeux plissés sur l’objectif éperonnant énergiquement la bête à moins de 20 kilomètres par heure. Car ce qui se jouait ici était notre salut. Nous devions atteindre Lagorce à 19heures pétante pour ne pas rester en rade sur le bas-côté.

Mais c’était sans compter sur le Rallye national du Bassin Annonéen qui par deux fois nous barra la route. Se jeter au milieu des chevaux lancés vrombissants dans une pampa couverte de fleurs jaunes et violettes (des tulipes !?), ou bien replacer tranquillement le flingue au fond de l’étui pour s’en retourner fiers comme si de rien n’était ? Le Bon avisa et Brute et Truand lui emboîtèrent le pas… Contournant Vaudevant par son flanc gauche… Filant d’un grand trot contrecarré de bourrasques vers Arlebosc puis Boucieu-le-Roi…

Le village de caractère surplombait une vallée sombre où s’écoulait le Doux. A sa vue, le Bon proposa une pause pour combler le creux qui commençait à le tirailler. Le Truand rentra le premier sous la tonnelle. Et bien que le service fut officiellement fermé, le patron de l’établissement céda sans opposer une forte résistance… Et ce n’est qu’une fois les commandes prises en tablier face à nous que nous constations effarés qu’il s’en retournait en cuisine à moitié défroqué… Le Truand pouvait se montrer convainquant !!!

Et tandis que nous avalions nos américains et nos frites à grandes lampées de Perrier, nous réfléchissions à la profonde philosophie des minions…

Le vent qui balayait les crêtes n’avait pourtant pas faibli. Mais cette pause bien méritée avait clos une introduction un peu bancale pour lancer ce qui constituerait bientôt le début d’une formidable aventure. Déjà parce que les paysages avaient progressivement changés, perdant leur rudesse granitique pour le vert éclatant d’un printemps plus avancé. Aussi parce que nous roulions désormais des routes empruntées lors de mon premier périple en cyclocamping. C’était en 2013. Et chaque virage, chaque vue restait gravée en ma mémoire !!!

L’équipée d’abord hésitante devenait une échappée formidable. Sur ces routes étroites qui croisait Gilhoc-sur-Ormèze ou encore la Fontbonne. Partout le vent hurlait « Vous ne passerez pas !!!«  Et nous passions, la Brute souvent devant car ignorant le vent. Le Truand dans la roue puisque toujours dans les bons coups. Le Bon lui commençait à accuser une trêve hivernale certainement un peu trop assidue… Vernoux-en-Vivarais dépassé, nous plongions maintenant dans la longue et belle descente qui conduit à Dunières-sur-Eyrieux… Une route en balcon, des points de vues superbes sur une Dunière qui ondulait au fond des gorges… L’aventure cycliste est un spectacle, qui adoucie la Brute comme le Truand… La D265 recouverte de pollens ferait le reste. Enfonçant la fatigue un peu plus profondément au fond des tripes, accentuant la perception que nous nous faisions du pays et de ses éléments.

Privas, enfin ! Où le réconfort se trouvait à l’eau claire d’une fontaine. Très bientôt, le col du Benas serait à nous, 10 kilomètres faciles sur le papier mais terrible lorsque le vent use jusqu’à la corde le Joli-long-John porté sous le cuissard… Et tandis que la Brute et le Truand bravaient la pente, le Bon profitait épicurien de chaque arpent… Les 200 000 dollars-or dérobés et soit disant cachés quelque part en vallée de l’Ibie n’avaient semble-t-il que peu d’effets sur lui…

Le Bon, la Brute et le Truand avaient désormais hâte d’en finir. Car en prise aux affres du vent depuis le levé du jour, ils n’accueillaient la pluie qu’avec une retenue visible… Leur trois silhouettes fendant la nuit sur ces routes absolument désertes… 21heures passés, nos trois brigands pénètrent dans la salle bruyante de ce qu’ils perçurent d’abord comme un repère d’Hollandais…

« Dans la chaleur du froid, on sait qu’on aura
Tant de choses à se dire, plus besoin de tricher ni de se mentir
Abattre son jeu d’un coup
Tout perdre, tout gagner mais jouer c’est tout
Afin que l’on redevienne des indiens, des indiennes… »

Après un dîner consacré à refaire le monde, nous gagnâmes la roulotte où nous avions convenu de passer la nuit. Un habitat atypique, mais parfaitement adapté aux êtres sauvages que nous sommes devenus… Malmenés par l’orage qui d’une certaine manière ne nous fera aucunement regretter cette flèche avortée…

Il était près de 9 heures et nous prenions notre temps attablé devant un copieux déjeuné, le premier de l’année pour les gérants du lieux ! Bientôt, nos routes se sépareraient, Guillaume devant repartir au Nord pour un stage Pompier qu’il ne pouvait manquer. Laurent et moi poursuivrons notre route un peu plus au Sud-Est, par les magnifiques gorges de l’Ardèche puis, plus loin, par les contreforts toujours réjouissant du Géant de Provence…

L’orage était passé. Et s’il laissait derrière lui une humidité que le vent toujours fort aurait tôt fait de sécher, il semblait néanmoins que nous aurons une belle journée. Parsemée d’étincelles et de sections plus étouffées. Laurent grimpait avec aisance ces gorges de l’Ardèche que je découvrais pour la première fois. Des gorges pas si plates contrairement à ce que nous avions crû lire un peu rapidement sur le profil. Guillaume nous avait prévenu pourtant 😉 !

Et bien qu’il fut un peu difficile de mettre en route, la beauté des paysages rencontrés et cet air du Sud qui soufflait l’envie et la liberté nous firent peu à peu rentrer dans cet état particulier qui anime le voyageur curieux. Il n’y avait plus à penser. Il n’y avait plus à s’inquiéter de l’état du monde. Applications coupées et attention uniquement focalisée sur le moment, il se résumait dorénavant à ce qui nous entourait. Des villages beaux comme s’ils venaient de naître, des vignes dont le fruit ferait demain les meilleurs crûs, des routes finalement pas si mauvaises pour qui sait regarder droit devant lui… Seulement, nous évoluions d’un bon rythme vers cette via Rhôna que je n’aimais pas trop…

Car il faut bien avouer qu’elle est un peu ennuyeuse… Au gré de ces lignes droites à l’écart des villages et de la vie et de ses turpitudes… Mais elle reste un moyen « sécure » admettons-le de descendre rapidement cette vallée incroyablement circulée… Et nous roulerons ainsi, Laurent souvent derrière cachant mal son ennui… Les choses auraient sûrement été différentes si nous avions eu le vent pour nous aider comme Guillaume devait le vivre dans sa remontée… Prendre patience, tirer sa peine…

Voilà Pernes-les-Fontaines, la ville où est né Vélocio et but de ce périple à vélo. Mais avant d’aller saluer la statue du grand monsieur, nous allons nous autoriser une longue pause bien méritée tout contre le mur d’une boulangerie très sympathique… S’y ravitailler, d’une tarte au citron pour mon ami et d’une amandine gourmande pour ma part. Les pieds respirant en dehors de leurs chaussures. Nous étions un peu usé par la longueur des kilomètres parcourus mais restions confiant, car la suite promettait d’être belle. D’abord, parce que cette région du Vaucluse est exceptionnelle à bien des points de vues, ensuite parce que nous allions opérer un virage plus au Nord ce qui allait nous placer en bonne position dos au vent. Enfin parce que l’Amandine et la Tarte au Citron ferait bientôt leur œuvre !

La statue représente Paul de Vivie et se dresse à Pernes-les-Fontaines. A ses pieds alors même que nous étions hier encore à Saint Etienne – la ville du grand homme – nous reconnaissions son apport dans la voie d’un cyclisme sans sueur (quoique) ni complexe 😉 !

Et comme nous l’avions imaginé, la suite ne fut qu’une régalade dont nous nous sommes attachés à savourer chaque moment. Nous épargnant l’ascension du Géant (la route Nord était fermée, et, avouons-le, parce que nous n’avions pas les jambes pour le faire), que nous contournions par le Sud et par l’Est, par ce pays de dentelles milles fois empruntés à l’époque des Chilkoot et des Tour du Vaucluse

Pernes, Mormoiron, Bedoin, Caromb, le Barroux, Suzette, Malaucène, Vaison-la-Romaine…. Toute l’essence du périple tenait dans ce secteur qui bien que court n’en était pas moins ardu. Laurent qui avait retrouver le plaisir et ses jambes de champion propulsait sans heurts un Chiru dont le titane à nu reflétait la lumière dorée et parfaite de cette fin de journée… Le sourire aux lèvres malgré les pentes toujours plus raides de ces raccourcis que j’adore…

Marchant dans les pas des Romains à Vaison-la-Romaine à l’heure où le soleil s’attarde une dernière fois dans le ciel. S’offrir un dernier morceau de bravoure par la petite route forestière qui rejoint Séguret et monte en cascade. Il était cette fois l’heure de revêtir sa parure de nuit et de filer, oreilles rangées, dans la roue furtive d’un compagnon décidément infatigable… Et c’est ainsi que nous ralliâmes Bollène, après deux étapes se jouant des contrastes comme des difficultés… Loin de nous désormais, Guillaume avait retrouvé sa Terre aimée de Valcivières. Et si nous aurions souhaité partager l’étape du jour avec lui, nous savions que chacun de nous avait tout de même vécu un week-end Pascal inoubliable… Un moment que seules les aventures au long cours savent forger…

Et c’est forts de tout cela que nous rentrerons demain, par le train d’abord jusqu’à Saint Vallier puis par quelques routes sélectionnées pour l’occasion : la vallée de la Cance reconnaissable à la douceur de sa pente et à sa Roche Péréandre s’élevant haut au dessus des eaux, la longue montée depuis les portes du Soleil vers le col de la Croix de Chaubouret ensuite par la variante que je préfère. Celle-qui à un moment bifurque à gauche pour changer de versant. Celle-qui traverse sans que l’on s’y attende un petit village niché dans le pli d’une vallée.

Thélis-la-Combe, la perle discrète des Monts Pilat…

Guillaume, Laurent, Damien, l’équipée belle comme un œuf de Pâques…


Fiche

 

Descriptif :

GPX : J1J2 – J3
Pays : France
Région : Rhône-Alpes
Dépt : Loire
Ville de départ : Sorbiers (42290)
Difficulté : Moyenne
Distance : 230+222+78km = 528km
Dénivelé
: 3640+2440+1600m = 7680m
Durée : 27heures sur 3 jours
Sport : Cyclisme Route